À retenir
- L'industrie française déclare 211 000 projets de recrutement en 2026 (France Travail). Croisement alsacien sur l'emploi industriel.
- Dans le Grand Est, 46,2 % des 162 940 projets 2026 sont jugés difficiles. Pas de liste métier alsacienne. Régleurs (91,7 % de 120 projets) et tuyauteurs (90 % de 100) sont des tensions de rareté ; soudeurs et chaudronniers, de volume (BMO 2025, OREF).
- L'Alsace totalise 58 622 projets tous secteurs en 2026 (36 784 dans le Bas-Rhin, 21 838 dans le Haut-Rhin) — pas un chiffre d'industrie (DNA).
- Spécificité alsacienne : 202 000 frontaliers du Grand Est, salaire × 2,6 vers Bâle, 41 % de l'emploi frontalier allemand dans l'industrie.
- Voies d'entrée : 1 500 apprentis au Pôle formation UIMM Alsace, plus de 4 000 personnes formées par an, POEI de 300 à 450 heures.
Quels métiers industriels sont en tension en Alsace ?
Les métiers industriels en tension en Alsace sont ceux de l'atelier qualifié : usinage, soudure, chaudronnerie, tuyauterie, réglage, maintenance électrique et automatismes. Au niveau national, le BMO 2026 de France Travail classe l'usinage qualifié à 80,6 % de projets difficiles, la chaudronnerie-tôlerie à 77,7 % et les soudeurs à 71,3 %. Ces taux sont France entière.
La maille territoriale la plus fine est le Grand Est, millésime 2025, publiée par l'OREF. Elle confirme ces métiers et y ajoute les régleurs (120 projets, 91,7 % difficiles) et les tuyauteurs (100 projets, 90,0 %). France Travail n'a pas publié de ventilation alsacienne par métier pour 2026. L'emploi industriel alsacien — 119 700 salariés du secteur marchand — dit où ces postes s'insèrent, pas combien restent ouverts.
Sources : France Travail, Besoins en main-d'œuvre 2026 pour les taux nationaux ; OREF Grand Est, tensions et besoins de recrutement par famille de métiers (juin 2025, données BMO 2025) pour les volumes Grand Est. Consulté en septembre 2026.
Tension de volume ou tension de rareté : pas la même réponse
Une tension de volume et une tension de rareté se ressemblent sur un tableau de bord RH : le poste n'est pas pourvu. Elles n'appellent pas la même décision. La tension de volume porte sur beaucoup de postes. Dans le Grand Est, la maintenance générale et mécanique représente 1 240 projets en 2025 (67,7 % difficiles), les soudeurs 500 (70,0 %), les chaudronniers 510 (78,4 %). Ici, on élargit le vivier : apprentis, POEI, reconversions.
La tension de rareté porte sur peu de postes que presque personne ne peut prendre : 120 régleurs (91,7 %), 100 tuyauteurs (90,0 %), 210 techniciens de maintenance électrique et automatismes (90,5 %). Recruter « plus large » ne suffit pas : il faut former une personne, accepter un profil incomplet, ou automatiser le geste. L'OREF rappelle la méthode DARES : un métier est en tension au-dessus de 0,5 — le Grand Est va de −1,74 à 5,02 en 2023.
| Métier | Projets | Part difficile | Part saisonnière | Lecture |
|---|---|---|---|---|
| Régleurs | 120 | 91,7 % | 0,0 % | Rareté |
| Techniciens maintenance électrique, électronique et automatismes | 210 | 90,5 % | 0,0 % | Rareté |
| Tuyauteurs | 100 | 90,0 % | 20,0 % | Rareté |
| Ouvriers en chaudronnerie et tôlerie | 510 | 78,4 % | 5,9 % | Volume tendu |
| Ouvriers de la maintenance en électricité et électronique | 550 | 78,2 % | 0,0 % | Volume tendu |
| Techniciens en mécanique et travail des métaux | 400 | 75,0 % | 12,5 % | Volume tendu |
| Soudeurs | 500 | 70,0 % | 26,0 % | Volume tendu |
| Ouvriers de la maintenance générale et mécanique | 1 240 | 67,7 % | 5,6 % | Volume |
| Ouvriers qualifiés en usinage | 550 | 60,0 % | 9,1 % | Volume tendu |
| Ouvriers peu qualifiés en assemblage mécanique | 770 | 16,9 % | 10,4 % | Volume peu tendu |
Source : OREF Grand Est, tensions et besoins de recrutement par famille de métiers (juin 2025), d'après France Travail, enquête BMO 2025. Périmètre : Grand Est, pas l'Alsace. Consulté en septembre 2026.
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Le contre-exemple. Les 770 projets d'ouvriers peu qualifiés en assemblage mécanique du Grand Est ne sont difficiles qu'à 16,9 %. Beaucoup de postes n'est pas une pénurie. Aligner tous les besoins « industriels » sur le même plan mélange deux problèmes et rate les deux.
Quels volumes observe-t-on dans le Bas-Rhin et le Haut-Rhin ?
Le BMO 2025 décline les familles par département — maille alsacienne la plus fine publiée, pas une liste de métiers. Le Bas-Rhin porte les volumes : 940 projets en mécanique (62,5 % difficiles), 1 160 en process (49,1 %), 240 en électricité-électronique (62,5 %). Le Haut-Rhin est plus petit — 430 projets de mécanique (55,8 %), 450 de process (44,4 %) — sauf en maintenance, 800 projets difficiles à 76,3 %, contre 1 450 et 74,5 % dans le Bas-Rhin.
La famille « maintenance » mélange l'atelier et l'après-vente (véhicules, froid). Nous la publions telle quelle. La ligne Alsace est la somme des deux départements, calculée par nos soins : France Travail ne la publie pas.
| Famille professionnelle | Projets 67 | Difficiles 67 | Projets 68 | Difficiles 68 | Somme Alsace |
|---|---|---|---|---|---|
| Électricité, électronique | 240 | 62,5 % | 130 | 30,8 % | 370 |
| Mécanique, travail des métaux | 940 | 62,5 % | 430 | 55,8 % | 1 370 |
| Industries de process | 1 160 | 49,1 % | 450 | 44,4 % | 1 610 |
| Maintenance (famille entière) | 1 450 | 74,5 % | 800 | 76,3 % | 2 250 |
Source : OREF Grand Est, d'après France Travail, enquête BMO 2025. La colonne « Somme Alsace » est un calcul Alsace Industrie. Consulté en septembre 2026.
Pourquoi les candidats manquent-ils ?
La première cause est démographique. Dans le BMO 2026, 41 % des projets sont des CDI, et les trois quarts de ces CDI remplacent un départ ou ouvrent une activité. France Travail estime qu'à l'horizon 2035, près de 200 000 postes par an devront être pourvus dans l'industrie et la métallurgie — France entière. Le flux de remplacement dépasse le flux de formation.
La deuxième cause est l'image et les conditions. Les employeurs du Grand Est citent le déficit d'image, la conjoncture, le salaire et les conditions de travail. En 2025, 74 % des recruteurs en tension ont accepté un candidat moins expérimenté, 63 % un profil formé autrement. L'automatisation des tâches pénibles réduit cet écart plus vite qu'une campagne d'attractivité.
La troisième cause est l'inadéquation des formations, l'un des six facteurs DARES. Les techniciens d'électricité-électronique du Grand Est affichent un indicateur de 3,080 en 2023 — bien au-dessus du seuil de 0,5 — avec un lien formation-emploi maximal : le métier exige un diplôme précis, et le stock ne suit pas.
Sources : France Travail, BMO 2026 ; DNA (11 mai 2026) pour les freins cités en Grand Est ; OREF / DARES (tensions 2023). Consulté en septembre 2026.
Comment la frontière allemande et suisse aggrave-t-elle la tension ?
L'Alsace est le seul grand bassin industriel français coincé entre deux marchés plus riches. En 2022, 202 000 habitants du Grand Est travaillaient en Belgique, en Allemagne, au Luxembourg ou en Suisse, pour environ 3 480 entrants. Un salarié du Haut-Rhin employé dans les cantons de Bâle gagne en moyenne 2,6 fois plus qu'un non-frontalier. Ces deux chiffres, déjà dans nos chiffres clés, vident les métiers listés plus haut.
L'ANACT (2024) le dit sans détour. L'industrie pèse 41 % de l'emploi frontalier vers l'Allemagne et 33 % vers la Suisse. Quarante-cinq pour cent des frontaliers vers l'Allemagne sont ouvriers. Côté suisse, 46 % occupent une profession intermédiaire ou supérieure. L'Allemagne attire l'ouvrier que Mulhouse et Haguenau n'arrivent pas à recruter ; la Suisse, le technicien que Fegersheim et Cernay veulent retenir. Le détail des sites et filières le confirme.
Sources : INSEE Flash Grand Est n°110 (2022) ; INSEE via France 3 Grand Est (2022) ; ANACT, diagnostic territorial frontaliers (octobre 2024). Périmètre Grand Est, sauf l'écart de salaire (Haut-Rhin). Consulté en septembre 2026.
Quelles voies d'entrée un dirigeant peut-il réellement mobiliser ?
Quatre voies sont documentées. L'apprentissage est la plus structurée. Le Pôle formation UIMM Alsace — AFPI, CFAI et ITII, quatre centres à Strasbourg, Reichshoffen, Colmar et Mulhouse — forme environ 1 500 apprentis par an, avec 1 250 entreprises, et plus de 4 000 personnes au total. L'UIMM Alsace fédère 330 entreprises et 54 000 salariés. Tous secteurs, les CFA alsaciens ont accueilli 30 469 jeunes à la rentrée 2024.
La reconversion passe par le même pôle (94 % de recommandation, 89 % de réussite aux examens, chiffres 2025). France Travail finance aussi des formations courtes — soudure, usinage, maintenance — et la Méthode de recrutement par simulation, dont 75 % des embauchés trouvent un emploi durable.
La POEI est le levier le plus court quand un candidat est identifié. France Travail plafonne à 300 heures en tutorat, 450 heures avec un organisme Qualiopi, 600 heures pour les publics prioritaires. À l'issue, l'employeur s'engage sur un CDI, un CDD d'au moins six mois, un contrat d'apprentissage ou de professionnalisation de plus de six mois. C'est une voie de semaines — à condition d'avoir le candidat et l'offre.
Sources : Pôle formation UIMM Alsace et sa page de présentation (chiffres 2025) ; Les Echos (23 juin 2025) ; France Travail, POEI ; France Travail, BMO 2026 pour la MRS et les formations courtes. Consulté en septembre 2026.
Que peut faire un dirigeant, et dans quels délais ?
Un dirigeant n'a pas à « résoudre la tension ». Il choisit la voie dont le délai correspond au poste. Pour une rareté — régleur, tuyauteur, automaticien — la POEI est l'outil le plus court : 300 à 450 heures, puis embauche. C'est l'ordre de quelques semaines à un trimestre, pas une année scolaire. Encore faut-il un candidat et un tuteur. Si le geste est trop rare, l'alternative n'est pas une offre de plus : c'est de faire produire autrement.
Pour un volume — soudeurs, chaudronniers, maintenance — l'apprentissage et les formations courtes élargissent le vivier. Les 1 500 apprentis du CFAI ne remplacent pas, seuls, le flux de départs. Il faut lancer la promotion maintenant pour l'année suivante, et traiter le trou immédiat par POEI ou intérim. L'intérim industriel du Bas-Rhin a reculé de 20,7 % entre 2021 et 2024 : ce n'est plus un réservoir.
Dans tous les cas, 70 % des intentions d'embauche du Grand Est viennent d'établissements de moins de 50 salariés. Cartographier le poste, déposer l'offre, saisir le CFAI ou France Travail Pro, décider si le geste doit rester humain. Les aides 2026 financent plutôt la modernisation que le recrutement ; les deux se parlent. Vous voulez situer vos postes ? Décrivez votre situation — réponse sous 24 h.
Questions fréquentes
Quels métiers industriels sont en tension en Alsace ?
La liste métier par métier n'est pas publiée à l'échelle alsacienne. Au niveau national, le BMO 2026 de France Travail classe parmi les plus difficiles l'usinage qualifié (80,6 %), la chaudronnerie-tôlerie (77,7 %) et les soudeurs (71,3 %). Dans le Grand Est, l'édition 2025 reprise par l'OREF y ajoute les régleurs (91,7 % de 120 projets) et les tuyauteurs (90,0 % de 100 projets). Le Bas-Rhin concentre l'essentiel des volumes alsaciens.
Quelle est la différence entre une tension de volume et une tension de rareté ?
Une tension de volume porte sur beaucoup de postes : dans le Grand Est, la maintenance générale et mécanique représente 1 240 projets en 2025, dont 67,7 % jugés difficiles. Une tension de rareté porte sur peu de postes que presque personne ne peut prendre : 120 projets de régleurs, dont 91,7 % jugés difficiles. La première élargit le vivier (apprentissage, POEI, reconversion). La seconde appelle un traitement individuel : tutorat, salaire, parfois automatisation.
Pourquoi l'Alsace a-t-elle plus de mal à recruter que d'autres régions industrielles ?
Parce qu'elle est le seul grand bassin industriel français coincé entre l'Allemagne et la Suisse. En 2022, 202 000 habitants du Grand Est travaillaient dans un pays frontalier. Un salarié du Haut-Rhin employé dans les cantons de Bâle gagne en moyenne 2,6 fois plus qu'un non-frontalier. Côté allemand, 41 % de l'emploi frontalier est industriel et 45 % des frontaliers sont ouvriers. Ces chiffres sont Grand Est ou Haut-Rhin, pas un agrégat alsacien inventé.
Quelles voies d'entrée un dirigeant industriel alsacien peut-il mobiliser ?
Quatre voies documentées. L'apprentissage, via le Pôle formation UIMM Alsace (CFAI) : 1 500 apprentis par an, 1 250 entreprises, quatre centres. La reconversion, portée par l'AFPI du même pôle, qui forme plus de 4 000 personnes par an. La POEI de France Travail : 300 heures en tutorat, 450 heures avec un organisme, 600 heures pour les publics prioritaires, suivie d'un CDI ou d'un CDD d'au moins six mois. Les formations courtes (soudure, usinage, maintenance) financées par France Travail.
Existe-t-il des chiffres de recrutement industriel proprement alsaciens ?
Pas au niveau du métier. Le BMO 2026 donne 58 622 projets tous secteurs en Alsace (36 784 dans le Bas-Rhin, 21 838 dans le Haut-Rhin) et 11 % de projets industriels dans le Grand Est, sans ventiler l'industrie alsacienne. Les volumes par métier de cette page sont donc Grand Est, millésime 2025. Les volumes par famille existent dans le Bas-Rhin et le Haut-Rhin ; leur somme alsacienne est un calcul de notre part.
Sources et méthode
Page établie le 19 septembre 2026. Toutes les sources ont été consultées à cette date. Aucun chiffre n'est estimé, hors sommes alsaciennes des deux départements, signalées comme calculs.
- France Travail, BMO 2026 : 2,28 millions de projets, 43,8 % difficiles, taux nationaux par métier, 41 % de CDI. Enquête auprès de 416 588 établissements (oct.-déc. 2025).
- France Travail, communiqué BMO 2026 (21 avril 2026) : agrégat national industrie. Développé sur l'emploi industriel en Alsace.
- DNA (11 mai 2026), d'après France Travail Grand Est : 162 940 projets, 46 % difficiles, industrie 11 %, Alsace 58 622 (36 784 / 21 838).
- OREF Grand Est (juin 2025) : volumes BMO 2025 par métier et département, indicateur DARES 2023.
- Pôle formation UIMM Alsace : 1 500 apprentis, 1 250 entreprises, plus de 4 000 personnes formées (chiffres 2025, MAJ 12 juin 2026).
- France Travail, POEI : plafonds 300 / 450 / 600 heures. Consulté en septembre 2026.
- ANACT, frontaliers (octobre 2024) : 41 % / 33 % d'emploi frontalier industriel vers l'Allemagne et la Suisse.
Trois règles. Un chiffre Grand Est n'est jamais présenté comme alsacien. Les volumes par métier sont ceux de 2025, les agrégats BMO ceux de 2026. Si une ventilation alsacienne par métier n'existe pas, nous ne l'inventons pas.
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