Personnes travaillant chez DMC à Mulhouse en 1928
9 000
contre environ 200 en 2023 sur les sites de Mulhouse et d'Illzach, sources [1] [2]
En bref
- DMC passe de près de 700 personnes en 1800 à 9 000 en 1928, puis à 1 000 en 1990 et à environ 200 en 2023 (Mulhouse et Illzach) [1] [2].
- Les sources se contredisent sur le sommet : 9 000 personnes selon la Ville de Mulhouse, « jusqu'à 6 000 » selon m2A en 2023 [4]. Le groupe DMC, lui, dépassait 15 000 salariés en 1990 [5].
- Le textile alsacien (division 13 de la nomenclature d'activités) emploie 1 596 salariés fin 2025 contre 3 719 fin 2006, soit une baisse de 57 % [3].
- Texunion ferme à Pfastatt en 2001, Wesserling liquide en 2003, les Manufactures Hartmann de Munster cessent le 9 octobre 2009 [6] [7] [8].
- Le site de DMC à Mulhouse devient un quartier de 10 à 12,5 hectares selon les sources, avec Motoco, un mur d'escalade et un village d'activités [9] [10].
Le relevé du 6 octobre 2026
Ce dossier présente trois relevés compilés le 6 octobre 2026. Ils portent sur les effectifs de DMC à Mulhouse depuis 1800, sur vingt jalons du textile haut-rhinois et sur les salariés du textile alsacien depuis 2006.
La série DMC repose sur un livret de la Ville de Mulhouse, qui donne dix valeurs de 1800 à 2015 [1]. Il ne nomme pas son périmètre, mais l'écart avec les plus de 15 000 salariés du groupe en 1990 montre qu'il s'agit de l'usine de Mulhouse [5]. Nous y ajoutons 2010 [11] et 2023 [2].
Le recul est net : 9 000 personnes en 1928, 2 000 en 1970, 1 000 en 1990 [1]. En novembre 2010, le Sénat relève 130 salariés sur le site, contre 350 « il y a quelques années », et 120 déplacés à Illzach [11]. L'ADIRA en compte une centaine à Mulhouse et autant à Illzach en 2023 [2].
Là où les sources se contredisent
Les chiffres varient selon la source, le périmètre et la date. Cinq écarts pèsent sur la lecture de ce dossier :
- Apogée de DMC à Mulhouse : 9 000 personnes en 1928, plus haute valeur de la série de la Ville [1], mais « jusqu'à 6 000 » selon m2A en 2023 [4].
- Groupe DMC : 14 000 salariés « dans les années 1970 » selon l'ADIRA [2], plus de 15 000 en 1990 selon l'Assemblée nationale [5], 9 000 en 1995 selon l'AFP [12], jusqu'à 30 000 dans les années 1960 selon Wikipédia, qui cite Le Point [13].
- Surface du site DMC passée aux collectivités : 10 hectares selon m2A en 2022 [9], 12,5 selon la Ville en 2023 [10], 12 selon la Chambre régionale des comptes en 2025 [14].
- Fondateurs de 1746 : quatre associés selon le Nouveau dictionnaire de biographie alsacienne, avec Fehr [15], trois selon la SIM [16].
- Début du fil à coudre : 1843 selon l'ADIRA [2], alors que l'inventaire du patrimoine ouvre dès 1841 la période consacrée au fil [17].
Chronologie consolidée : vingt jalons de 1746 à 2025
Le tableau réunit, ligne par ligne, les fondations, les effectifs, les fermetures et les reconversions du textile haut-rhinois. Chaque ligne donne sa date, son périmètre et sa source, et les documents officiels passent avant la presse.
| Date | Site ou entreprise | Événement | Effectif ou valeur | Source |
|---|---|---|---|---|
| 1746 | Mulhouse, indienneurs | Koechlin, Schmaltzer, Dollfus et Fehr créent la première manufacture de toiles peintes | 4 associés (3 selon la SIM) | [15] NetDBA ; [16] SIM |
| 1762 à 1789 | Wesserling, vallée de la Thur | Le château devient manufacture d'indiennes, Manufacture royale en 1786 | 1 400 salariés en 1789 | [7] Parc de Wesserling |
| 21 mars 1800 | DMC, Mulhouse-Dornach | Création de Dollfus-Mieg et Cie | près de 700 ouvriers | [1] Ville de Mulhouse |
| 1808 | Schlumberger, Guebwiller | Première filature de coton de Guebwiller, machines textiles dès 1818 | plus de 4 000 employés du textile en 1862 | [18] Monumentum |
| 1826 | Mulhouse | Naissance de la SIM ; André Koechlin quitte DMC pour fonder la future SACM ; en 1833, la SIM décide de conserver les créations textiles, origine du musée | 22 membres fondateurs de la SIM | [19] SIM ; [1] Ville de Mulhouse ; [20] Musée de l'impression |
| 1840 à 1862 | Mulhouse, Munster, Wesserling, Guebwiller | Sommets des effectifs au XIXe siècle | DMC 3 300 (1840), Hartmann 3 144 (1841), Wesserling 5 600 (vers 1860), Schlumberger plus de 4 000 (1862) | [1] Ville de Mulhouse ; [8] Ville de Munster ; [7] Parc de Wesserling ; [18] Monumentum |
| 1853 | Mulhouse, cité ouvrière | Jean Dollfus crée la Société mulhousienne des cités ouvrières | 3 000 maisons en 1870, 5 650 logements gérés aujourd'hui | [21] Numistral ; [22] ERIH |
| 1879 à 1880 | DMC, Belfort | Usine ouverte pour contourner la barrière douanière de 1871 | 1 500 personnes en 1931, 220 fin 1959, fermeture en 1960 | [23] POP Mérimée |
| 1928 | DMC, Mulhouse | Plus haute valeur de la série de la Ville de Mulhouse | 9 000 personnes (jusqu'à 6 000 selon m2A) | [1] Ville de Mulhouse ; [4] m2A |
| 1931 à 1934 | Wesserling | Dépôt de bilan de l'impression (1931), rachat par Boussac (1934) | 900 emplois en 1950, plus de 1 200 dans les années 1960 | [7] Parc de Wesserling |
| 1959 à 1961 | Munster, Belfort, DMC | Licenciements chez Hartmann (1959), fermeture de DMC Belfort (1960), fusion de DMC avec Thiriez-Cartier-Bresson (1961) | plus de 200 licenciements à Munster | [8] Ville de Munster ; [23] POP Mérimée ; [1] Ville de Mulhouse |
| 1970 à 1990 | DMC, Mulhouse | Premier plan social en 1985 | 2 000 personnes en 1970, 1 000 en 1990 (groupe : plus de 15 000 en 1990) | [1] Ville de Mulhouse ; [5] Assemblée nationale |
| 1990 et 1991 | Hartmann, Munster | Arrêt de la filature, puis des tissages | 375 salariés en 1990, 175 en 1991 | [8] Ville de Munster |
| 1999 à 2001 | Texunion, Pfastatt | Deuxième plan social en cours en février 1999, fermeture en 2001, quartier d'habitation depuis | près de 700 personnes en 1999 | [24] Assemblée nationale ; [6] m2A |
| 2003 | Wesserling | Liquidation de la manufacture d'impression ; la communauté de communes achète 24 hectares | 230 licenciements | [7] Parc de Wesserling |
| 2007 à 2008 | DMC | Les collectivités rachètent les terrains libérés (2007) ; redressement judiciaire du groupe le 5 mai 2008 ; reprise de DMC SA le 29 décembre 2008 | 245 emplois préservés sur 382 en France | [9] m2A ; [5] Assemblée nationale ; [12] AFP |
| 2009 à 2010 | Hartmann, Munster ; DMC, Mulhouse | Liquidation de Hartmann le 22 septembre 2009 ; DMC compte 130 salariés à Mulhouse en novembre 2010 | 69 personnes chez Hartmann ; 130 chez DMC contre 350 auparavant | [8] Ville de Munster ; [11] Sénat |
| 2013 à 2022 | Quartier DMC ; Guebwiller | Motoco (2013), Climbing Mulhouse Center (2020) ; la Ville de Guebwiller rachète 4,5 hectares de friche NSC Schlumberger (2022) | Motoco : 140 artistes ; Guebwiller : 2,5 M€ | [9] m2A ; [4] m2A ; [25] Journal des entreprises |
| 2023 | DMC, Mulhouse et Illzach | Production à Mulhouse, logistique agrandie de 2 000 m² à Illzach | environ 100 + 100 collaborateurs ; 51 M€ de chiffre d'affaires en 2024 | [2] ADIRA ; [26] Sirene |
| 2025 | Alsace | Salariés du textile (division 13) au 31 décembre ; le Pôle Textile Alsace annonce 100 membres | 1 596 contre 3 719 en 2006 | [3] Urssaf ; [27] Pôle Textile Alsace |
Télécharger ce tableau au format CSV. Sources : Ville de Mulhouse, m2A, ADIRA, Urssaf, Assemblée nationale, Sénat, inventaire du patrimoine, SIM, Parc de Wesserling, Ville de Munster, presse économique.
Le temps long de la région est raconté dans l'histoire industrielle de l'Alsace depuis 1746.
1746-1871 : des indiennes à la « Manchester française »
En 1746, Samuel Koechlin, Jean-Jacques Schmaltzer, Jean-Henri Dollfus et Fehr créent la première manufacture de toiles peintes de Mulhouse [15]. Mulhouse est alors une république indépendante, réunie à la France en 1798 [28].
En 1785, les mesures françaises qui alignent les frontières douanières sur les frontières politiques frappent durement la manufacture de Samuel Koechlin [15]. Daniel Dollfus fonde Dollfus-Mieg et Cie le 21 mars 1800 [1]. Ses premiers bâtiments s'élèvent à Dornach, village voisin de Mulhouse où coule le Steinbächlein [1].
DMC se mécanise vite : un tissage en 1806, une filature en 1812, deux dates que confirme l'inventaire du patrimoine pour Dornach [1] [17]. Dans les vallées vosgiennes, d'autres familles bâtissent à leur tour filatures et manufactures :
- 1762 : le château de Wesserling, dans la vallée de la Thur, devient manufacture d'indiennes ; il sera Manufacture royale en 1786 [7].
- 1789 et 1795 : Wesserling emploie 1 400 salariés en 1789 [7] ; André Hartmann occupe 540 ouvriers à Munster en 1795, puis 1 200 en 1800 [8].
- 1807 : Nicolas Koechlin crée la deuxième filature de coton d'Alsace dans l'ancienne abbaye de Masevaux, dans la vallée de la Doller [29].
- 1808 : Nicolas Schlumberger établit la première filature de coton de Guebwiller [18].
- 1822 : les industriels Zeller implantent une filature à Oberbruck, dans la vallée de la Doller ; la crise la ferme vers 1960 [30].
- 1826 : la Société industrielle de Mulhouse (SIM) naît avec 22 membres [19] ; en 1833, elle décide de conserver les créations textiles de ses membres, origine du musée [20]. André Koechlin quitte DMC pour fonder l'usine de la future SACM [1].
- 1840 à 1862 : DMC compte 3 300 ouvriers en 1840 [1], Hartmann 3 144 employés en 1841, soit 90 % de la main-d'œuvre textile de la vallée de Munster [8], et l'usine Schlumberger de Guebwiller plus de 4 000 en 1862 [18].
La guerre de Sécession prive les usines de coton américain : Wesserling, qui comptait 5 600 employés vers 1860, perd 45 % de ses effectifs [7]. Après 1888, DMC s'ouvre aux Engel, aux Thierry-Mieg, aux Koechlin et à d'autres familles [1].
La cité ouvrière de 1853
En 1853, Jean Dollfus crée la Société mulhousienne des cités ouvrières, pour offrir aux travailleurs des logements salubres, confortables et bon marché [21]. L'ingénieur Émile Muller y dessine le « carré mulhousien », quatre maisons accolées avec jardin et entrée individuels [21]. En 1870, les 3 000 maisons de la société logent environ un tiers des Mulhousiens ; elle gère aujourd'hui 5 650 logements [22].
Après 1871 : l'annexion, la douane et la crise de 1929
La défaite de 1870 entraîne l'annexion de Mulhouse par l'Allemagne. Après une période d'adaptation, l'industrie reprend son expansion, et le Nouveau Bassin, nouveau port de la ville, ouvre en 1872 [28]. Mais une barrière douanière sépare désormais l'Alsace de sa clientèle française [23].
DMC la contourne en implantant une usine à Belfort, restée française : elle y achète des terrains en 1879, et l'usine entre en service en 1880 [23]. Hartmann fait de même vers 1874 avec un tissage à Rougegoutte, dans le Territoire de Belfort [8]. À Wesserling, les impressions envahissent le marché allemand après l'annexion [7].
L'usine de Belfort emploie 1 500 personnes en 1931, 1 200 en 1938 et en 1950, puis 220 fin 1959 [23]. Le regroupement des activités textiles à Mulhouse la ferme en 1960. Bull la rachète aussitôt ; le site, fermé vers 1992, devient une pépinière d'entreprises, le Technopôle [23].
À Mulhouse, le livret de la Ville donne 9 000 personnes chez DMC en 1928, en majorité des femmes [1]. Après la crise de 1929, Wesserling dépose son bilan pour l'impression en 1931, et Marcel Boussac la rachète en 1934 [7]. À Munster, Hartmann construit en 1930-1932 l'un des plus grands tissages d'Europe, avec 960 métiers automatiques, au moment où la production textile s'effondre [8].
De 1960 à 2010 : les fermetures, site par site
Entre 1959 et 2009, les grandes maisons haut-rhinoises ferment ou se replient les unes après les autres.
DMC, de la fusion de 1961 au redressement de 2008
En 1961, DMC fusionne avec Thiriez-Cartier-Bresson et perd son caractère mulhousien : il y a désormais le groupe DMC et l'usine de Mulhouse [1]. La société renonce alors à transformer la matière première et se recentre sur les fils à coudre et à broder [17]. Le premier plan social date de 1985 [1].
Le groupe emploie plus de 15 000 salariés en 1990, pour 10 milliards de francs de chiffre d'affaires [5]. À Mulhouse, on compte 1 000 personnes la même année, puis 600 en 1998 et 500 en 2004 [1]. Le groupe entre en redressement judiciaire le 5 mai 2008, après la fermeture de l'usine de Colmar fin mars [5].
Le 29 décembre 2008, le tribunal de commerce de Paris retient la reprise de DMC SA par Bernard Krief Consulting, qui préserve 245 emplois sur 382 en France [12]. Les sites de Mulhouse, d'Illzach et de Paris restent ouverts [12].
Hartmann, Texunion, Wesserling : les dates de fermeture
- 1959 : les Manufactures Hartmann, qui emploient les deux tiers des 2 000 salariés du textile de la vallée de Munster, licencient plus de 200 personnes [8].
- 1969 : fin du tissage de Wesserling, dont la filature avait cessé en 1938 [7].
- 1975 à 1991 : Hartmann compte 840 salariés en 1975-1977, puis arrête la filature en 1990 et les tissages en 1991 ; il reste 175 salariés [8].
- 1999 : Texunion, filiale de DMC à Pfastatt, emploie près de 700 personnes et subit un deuxième plan social de grande ampleur [24].
- 2001 : Texunion ferme après 203 ans d'histoire ; l'entreprise avait compté jusqu'à 2 000 salariés avant 1914, et un quartier d'habitation occupe aujourd'hui le site [6].
- 2003 : liquidation de la manufacture d'impression de Wesserling, 230 personnes sont licenciées [7].
- 2009 : Hartmann n'emploie plus que 69 personnes ; la liquidation judiciaire est prononcée le 22 septembre et l'activité cesse le 9 octobre [8].
Ce que sont devenus les sites
Le quartier DMC, à Mulhouse
Depuis 2007, les collectivités rachètent les espaces libérés par le recentrage de DMC. Cela représente 10 hectares et 100 000 m² de bâti selon m2A en 2022 [9], et 12 hectares et 110 000 m² selon la Chambre régionale des comptes en 2025 [14]. Un village d'activités s'ouvre dès 2008 [9] ; au printemps 2023, près d'une trentaine d'entreprises et près de 150 emplois y occupent plus de 9 000 m² [4].
Motoco, une « ruche » de 140 artistes installée dans l'ancien atelier de construction mécanique, naît en 2013 [4] [10]. Le Climbing Mulhouse Center, une salle d'escalade installée dans le bâtiment 57, ouvre en 2020 [9]. Le bâtiment 62, construit en 1911 et long de 230 mètres, doit être reconverti [9].
Le quartier figure parmi les 39 lauréats de l'appel à manifestation d'intérêt « Démonstrateur de la ville durable » ; la convention de financement est signée le 4 avril 2023 [14] [10]. La pollution des sols pèse sur le projet : son traitement a déjà mobilisé 11 millions d'euros hors taxes depuis 2022 [14].
Wesserling, Munster, Guebwiller et la Fonderie
À Wesserling, la communauté de communes de la vallée de Saint-Amarin achète en 2003 les 24 hectares du site industriel pour en faire un hôtel d'entreprises [7]. En 2024, le parc compte une centaine de PME, 200 habitants et 80 000 visiteurs, selon François Tacquard, président de l'association de gestion du parc [7].
À Munster, la Ville achète en 1988 une partie des bâtiments Hartmann, et Euro TF s'installe en 2010 sur le site du Couvent pour y poursuivre l'ennoblissement [8]. Sa fiche du Pôle Textile Alsace cite encore la marque Texunion [31].
À Guebwiller, la Ville rachète en 2022 près de 4,5 hectares de friches à NSC Schlumberger pour 2,5 millions d'euros, avec un écoquartier d'une trentaine de logements en projet [25]. L'ancien atelier de montage, surnommé « Le Louvre », doit accueillir une école maternelle, des lofts et des bureaux [25]. Les travaux devaient s'achever en 2025 ; nous n'avons pas vérifié leur état.
À Mulhouse, la Fonderie occupe l'ancien site de la Société alsacienne de constructions mécaniques, dont la première activité industrielle lourde date de 1826 [32]. La Ville y achète 11 hectares en 1997 ; le campus universitaire ouvre en 2007 et KMØ, dédié à l'innovation, en 2019 [32]. La SIM et la SACM fêtent leurs 200 ans en 2026 [33].
Le Musée de l'impression sur étoffes
Le musée conserve la mémoire de ces usines : 6 millions d'échantillons et près de 50 000 documents textiles, dans un bâtiment construit entre 1880 et 1883 pour la SIM [20]. Pour visiter, consultez son site ; d'autres lieux figurent dans notre page sur le tourisme industriel en Alsace.
DMC à Mulhouse aujourd'hui
DMC fabrique à Mulhouse, dans une partie des anciens locaux en brique rouge, des fils pour travaux d'aiguille. L'activité de production occupe 30 000 m² sur 7 hectares et réunit une centaine de collaborateurs [2]. La plateforme logistique d'Illzach en emploie une centaine d'autres [2].
Selon l'ADIRA, DMC produit à Mulhouse tous les fils de broderie vendus dans le monde, soit 350 tonnes de produits finis par an, pour 40 000 points de vente dans 130 pays [2]. Le groupe investit environ un million d'euros par an sur le site, et 70 % du personnel de production a été renouvelé en cinq ans [2]. Ces modernisations visent à automatiser des tâches, un mouvement que décrit notre guide de l'industrie 4.0 en Alsace.
Le capital change de mains : BlueGem Capital Partners en 2016, puis Lion Capital en février 2019 [34]. À cette date, le groupe compte environ 400 salariés pour 90 M€ de chiffre d'affaires en 2018, dont DMC pour environ 200 [35]. En 2023, DMC agrandit sa plateforme d'Illzach de 2 000 m², pour 3,5 M€, et rachète la marque Anchor [36].
Les comptes déposés donnent à DMC SAS 51 M€ de chiffre d'affaires en 2024 et 4,1 M€ de résultat net. Sirene la classe dans la tranche des 100 à 199 salariés [26], proche des 200 que le Journal des entreprises compte sur les deux sites haut-rhinois [36].
Ce qu'il reste de textile en Alsace en 2025
L'Urssaf compte 1 596 salariés dans la fabrication de textiles en Alsace au 31 décembre 2025, contre 3 719 fin 2006 [3]. Le Haut-Rhin passe de 2 800 à 1 029 salariés, soit une baisse de 63 %, et le Bas-Rhin de 919 à 567, soit 38 % de moins [3]. Plus de la moitié de la perte, 1 261 emplois sur 2 123, a lieu entre 2006 et 2010.
Le calcul retient les établissements employeurs du secteur privé classés en division 13 de la nomenclature d'activités. L'habillement, qui passe de 628 à 233 salariés, en est exclu [3]. L'Urssaf inclut les apprentis depuis juin 2023, sans que nous puissions vérifier si les années antérieures ont été recalculées.
Ce qui disparaît, ce qui tient
Le tissage perd 680 des 801 salariés de 2006, et l'ennoblissement 568 des 650 [3]. Les non-tissés tiennent mieux : 399 salariés en 2025 contre 502 en 2006 [3]. Six communes dépassent 100 salariés du textile fin 2025 : Thanvillé (200), Marckolsheim (197), Colmar (166), Mulhouse (130), Illzach (109) et Issenheim (105) [3].
La zone d'emploi de Mulhouse passe de 1 837 à 690 salariés du textile [3]. Pour l'emploi industriel dans son ensemble, voir l'emploi industriel par zone d'emploi.
Le Pôle Textile Alsace et les entreprises actives
Le Pôle Textile Alsace naît en 1947 sous le nom de Centre de recherches textiles de Mulhouse, et prend son nom actuel en 2000 [37]. Il annonce 100 membres, dont 75 entreprises, et 5 668 salariés [27]. Son périmètre déborde celui de l'Urssaf : il compte des membres vosgiens, lorrains, doubiens et allemands, et des activités classées hors de la division 13 [31].
Voici des entreprises textiles alsaciennes en activité, avec ce que disent leurs fiches, la presse et les registres :
- DMC, à Mulhouse et à Illzach : fils à broder, 51 M€ de chiffre d'affaires en 2024 [26].
- N. Schlumberger, à Guebwiller : machines textiles depuis 1808 [38], 200 à 249 salariés et 38 M€ de chiffre d'affaires en 2024 [26].
- Velcorex, à Saint-Amarin : velours, 60 personnes selon sa fiche, 16,5 M€ de chiffre d'affaires en 2024 [31] [26].
- Thann Textiles, à Husseren-Wesserling : tissus d'ameublement, selon sa fiche, sur le site de l'ancienne manufacture [31].
- Manufacture Hartmann Euro TF, à Munster : ennoblissement de tissus, selon sa fiche [31].
- Dollfus et Muller, à Heimsbrunn : feutres sans fin, société fondée en 1811 et 44 personnes selon sa fiche [31], 20 à 49 salariés en 2024 [26].
- Freudenberg Performance Materials, à Colmar : microfilaments et non-tissés, 100 à 199 salariés en 2024 [31] [26].
Les fiches du pôle sont rédigées par les entreprises ; les tranches d'effectifs viennent de Sirene. Notre hub des fiches d'entreprises réunit les grands sites industriels.
L'autre grande fin de cycle du Haut-Rhin se lit dans notre dossier sur la potasse et StocaMine, et les autres analyses du site sont réunies sur la page des dossiers.
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Questions fréquentes
Combien de personnes travaillent chez DMC à Mulhouse ?
Selon l'ADIRA, en octobre 2023, une centaine de collaborateurs travaillent sur le site de production de Mulhouse et une centaine à la plateforme logistique d'Illzach. Le Journal des entreprises en compte 200 sur les deux sites haut-rhinois dans un article d'octobre 2023. À Mulhouse, la Ville comptait 9 000 personnes en 1928 et 1 000 en 1990.
Quand DMC a-t-elle été fondée ?
La Société industrielle de Mulhouse fait remonter DMC à 1746, année de la première manufacture de toiles peintes de la ville. La raison sociale Dollfus-Mieg et Cie date du 21 mars 1800, selon la Ville de Mulhouse. Les premiers bâtiments s'élèvent à Dornach, village voisin aujourd'hui intégré à Mulhouse, au bord du Steinbächlein.
Que reste-t-il de l'industrie textile en Alsace ?
L'Urssaf compte 1 596 salariés dans la fabrication de textiles en Alsace au 31 décembre 2025, contre 3 719 fin 2006. Subsistent notamment DMC à Mulhouse, N. Schlumberger à Guebwiller, Velcorex à Saint-Amarin, Euro TF à Munster et Freudenberg, fabricant de non-tissés, à Colmar. Le Pôle Textile Alsace annonce 100 membres.
Que sont devenus les ateliers de DMC à Mulhouse ?
Depuis 2007, les collectivités rachètent les espaces libérés : 10 hectares et 100 000 m² bâtis selon m2A en 2022, 12 hectares selon la Chambre régionale des comptes en 2025. Le quartier DMC accueille un village d'activités, Motoco (140 artistes) et un mur d'escalade. DMC y produit toujours des fils à broder.
Que contient le Musée de l'impression sur étoffes de Mulhouse ?
Le musée conserve 6 millions d'échantillons et près de 50 000 documents textiles, du XVIIIe siècle à nos jours, selon son site. Il occupe un bâtiment construit entre 1880 et 1883 pour les collections de la SIM, qui conserve les créations textiles de ses membres depuis 1833. Les jours et conditions de visite sont publiés sur son site.
Sources
- Ville de Mulhouse, Villes et Pays d'art et d'histoire, « Explorateurs. Mulhouse. La grande aventure de DMC » (livret jeune public, page 9 ; fichier créé en 2018, dernière valeur de 2015), mulhouse.fr, consulté le 6 octobre 2026.
- ADIRA, « DMC se développe et inaugure l'extension de sa plateforme logistique d'Illzach » (20 octobre 2023), adira.com, consulté le 6 octobre 2026.
- Urssaf, jeu « Nombre d'établissements employeurs et effectifs salariés du secteur privé, par commune x APE (au 31/12 depuis 2006) », mis à jour le 29 mai 2026, agrégé par nos soins pour les départements 67 et 68 (division 13 de la NAF, textiles ; division 14, habillement), open.urssaf.fr, consulté le 6 octobre 2026.
- Mulhouse Alsace Agglomération, dossier de presse « Studio 7K à DMC » (6 juin 2023), m2a.fr, consulté le 6 octobre 2026.
- Assemblée nationale, question orale n° 292 de M. Éric Straumann sur la situation de l'emploi dans le groupe textile DMC (27 et 28 mai 2008), assemblee-nationale.fr, consulté le 6 octobre 2026.
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