Première manufacture d'indiennes de Mulhouse
1746
fondée par Koechlin, Schmaltzer, Dollfus et Feer, source [2]
En bref
- Mulhouse, république indépendante jusqu'en 1798, voit naître sa première manufacture d'impression sur étoffes en 1746 [1] [2].
- DMC revendique 1746 comme date de fondation ; sa raison sociale, Dollfus-Mieg et Compagnie, date de 1800 [5].
- Après l'annexion de 1871, la SACM s'implante à Belfort, restée française : 35 personnes en 1879, 6 700 en 1914 [13].
- La potasse, découverte en 1904 à Wittelsheim, fait vivre jusqu'à 13 880 salariés en 1948 ; l'extraction s'arrête en 2002 [15].
- Stellantis doit produire à Mulhouse trois modèles Peugeot électriques ou hybrides à partir de 2029 [32].
Les indiennes de Mulhouse, une affaire de république
Au milieu du XVIIIe siècle, Mulhouse n'est pas française. Le traité de Westphalie de 1648 lui reconnaît le statut de république indépendante, qu'elle garde jusqu'en 1798 [1]. C'est dans cette petite république qu'en 1746 quatre jeunes gens, Samuel Koechlin, Jean-Jacques Schmaltzer, Jean-Henri Dollfus et Jean-Jacques Feer, fondent une manufacture d'impression textile au centre de la ville [2]. On y imprime des toiles peintes, les « indiennes ». Le quatrième associé s'écrit Feer ou Fehr selon les notices [2] [33].
Le Nouveau dictionnaire de biographie alsacienne précise que la maison s'installe rue de la Loi sous la raison sociale Koechlin, Schmaltzer et Cie, et qu'elle « ne dura que de 1746 à 1758 » [3]. Elle essaime pourtant : Jean-Henri Dollfus est aussi l'un des créateurs d'une fabrique de papier peint qui deviendra Zuber et Cie [3], installée à Rixheim en 1797 dans l'ancienne commanderie teutonique et rebaptisée « Jean Zuber et Cie » en 1802 [24]. Dans la descendance de Samuel Koechlin, le même dictionnaire compte 22 chimistes dont les travaux ont compté pour l'industrie [33].
- 1648 : le traité de Westphalie reconnaît Mulhouse comme république indépendante [1].
- 1746 : première manufacture de toiles peintes, Koechlin, Schmaltzer et Cie [2] [3].
- 1765 : Jean Dollfus fonde la fabrique Dollfus-Hofer, origine de DMC selon le Nouveau dictionnaire de biographie alsacienne [4].
- 1797 : une manufacture de papiers peints s'installe à Rixheim, future Zuber [24].
- 1798 : réunion de Mulhouse à la France [1].
- Printemps 1800 : naissance de la raison sociale Dollfus-Mieg et Compagnie, DMC [5].
DMC : 1746 ou 1765, et deux Jean Dollfus
La date de naissance de DMC dépend de la source. La Société industrielle de Mulhouse, dans un article consacré à DMC, la fait remonter à 1746 et à Jean-Henri Dollfus, associé de Schmaltzer et Koechlin [5]. Le Nouveau dictionnaire de biographie alsacienne raconte autre chose : la manufacture de 1746 s'appelait Koechlin, Schmaltzer et Cie et s'est arrêtée en 1758 [3] ; la lignée de DMC vient de la fabrique Dollfus-Hofer, fondée en 1765 par Jean Dollfus après s'être séparé d'une première maison, « qui deviendra par la suite Dollfus Mieg et Cie » [4]. Le nom DMC, lui, date du printemps 1800, quand Daniel Dollfus épouse Anne-Marie Mieg [5]. La formulation la plus sûre reste donc celle-ci : DMC revendique 1746 comme date de fondation ; selon le Nouveau dictionnaire de biographie alsacienne, sa lignée directe remonte à la fabrique fondée en 1765.
Deuxième piège, l'homonymie. Le Jean Dollfus de 1765 vit de 1729 à 1800 ; bourgmestre de 1781 à 1798, il joue un rôle dans les pourparlers qui mènent à la réunion de Mulhouse à la France [4]. Un autre Jean Dollfus, né en 1800 et mort en 1887, industriel, économiste et maire de Mulhouse de 1863 à 1869, fonde en 1853 la Société mulhousienne des cités ouvrières [12].
La suite est mieux documentée. En 1806, Daniel Dollfus construit à Dornach un premier tissage mû par l'énergie hydraulique, origine de la grande usine DMC [6]. L'agence de développement ADIRA date de 1843 la reconversion de DMC dans le fil [25] ; l'inventaire du patrimoine décrit plutôt un développement du fil à coudre étalé de 1841 à 1900 [6].
Au nord et au pied des Vosges : forges, verre et armes blanches
L'industrie alsacienne est plus ancienne que les indiennes. En 1684, Jean II De Dietrich acquiert la forge de Jaegerthal, dans les Vosges du Nord ; l'entreprise se présente comme l'une des plus anciennes de France [18]. Dans la même famille, Jean de Dietrich achète en juin 1761 la seigneurie de Reichshoffen, reçoit en 1762 le titre de baron du Saint-Empire, dispose dès 1767 du laminoir de Rauschendwasser, construit en Angleterre et seul laminoir à tôles de fer en fonctionnement en France à la fin de l'Ancien Régime selon sa notice, puis en 1769 l'usine de Reichshoffen, qui transforme les fontes brutes [19].
La famille croise l'histoire nationale en 1792. Philippe-Frédéric de Dietrich, maire de Strasbourg, commande à Rouget de Lisle un chant le 25 avril [18] ; sa notice biographique indique qu'il le chante le 26 avril [20]. Les deux dates se complètent : la commande le 25, le chant le 26. Aujourd'hui, De Dietrich fabrique des équipements de procédé, du verre émaillé à la séparation solide-liquide [18].
D'autres manufactures naissent au même siècle. La verrerie du Hochberg, à Wingen-sur-Moder, fonctionne de 1715 à 1868 [21]. Le 15 juillet 1730, le roi accorde des lettres patentes à une Manufacture royale d'armes blanches au Klingenthal ; elle fermera le 1er février 1962 [23]. Le Klingenthal et Wingen-sur-Moder abritent aujourd'hui des musées, présentés dans notre dossier sur les musées et visites du patrimoine industriel alsacien.
La « Manchester française » et les cités ouvrières
Au XIXe siècle, Mulhouse change d'échelle. En 1826, les fabricants fondent la Société industrielle de Mulhouse, toujours reconnue d'utilité publique [7], et la ville s'agrandit la même année d'un « Nouveau quartier » résidentiel pour les capitaines d'industrie [1]. En 1833, la Société décide de conserver les créations textiles de ses membres, origine de l'actuel Musée de l'impression sur étoffes [8].
Les infrastructures suivent. Un bassin du canal du Rhône au Rhin est mis en service face à la gare en 1829 [1]. Le 1er septembre 1839, la ligne Mulhouse-Thann est inaugurée ; le programme des festivités prévoit 400 invités [9] ; sa promotion revient à Nicolas Koechlin, qui réalise aussi Mulhouse-Strasbourg en 1841 et avait monté en 1820 une filature de 12 500 broches, éclairée au gaz, dans la Cour de Lorraine [11]. La première locomotive de la ligne, la « Napoléon », sort en 1839 des ateliers d'André Koechlin, qui dirige les usines Dollfus-Mieg dès 1818 et dont la fonderie, future SACM, acquiert « une renommée européenne » [10]. Entré dans cet atelier en 1828, Émile Koechlin y dessine des machines à imprimer les tissus en quatre couleurs [34]. Mulhouse est reliée à Bâle en 1841 et à Paris en 1859 ; la Ville écrit que c'est ainsi qu'elle devient la « Manchester française », « la ville aux 100 cheminées » [1].
La question du logement ouvrier se pose alors. En 1853, Jean Dollfus, le second du nom, crée la Société mulhousienne des cités ouvrières, qui lance la cité ouvrière de Mulhouse [12]. Les patrons mulhousiens occupent aussi la mairie : André Koechlin en 1830-1831 puis de 1832 à 1843 [10], Émile Koechlin en 1848 [34], Jean Dollfus de 1863 à 1869 [12].
L'annexion de 1871 et les usines de Belfort
En 1871, l'Alsace devient allemande et une barrière douanière sépare ses industriels de leurs clients français. En 1872, la Société alsacienne de constructions mécaniques (SACM) naît de la fusion des établissements André Koechlin et Cie, fondés à Mulhouse, et de la Société de Graffenstaden, venue de Strasbourg [13]. L'inventaire du patrimoine date la maison Koechlin de 1830 ; un mémoire cité par sa notice biographique la fait courir de 1826 à 1872 [13] [10].
Pour contourner cette barrière, DMC décide d'implanter une usine à Belfort, restée française, et y achète des terrains en 1879 [14]. La SACM s'y installe aussi : son usine belfortaine compte 35 personnes en décembre 1879, 520 en décembre 1880, 1 800 en 1897 et 6 700 en 1914 [13]. Mulhouse, de son côté, poursuit son expansion après une période d'adaptation et met en service le Nouveau Bassin, son nouveau port, en 1872 [1].
- 1871 : barrière douanière entre l'Alsace allemande et la France [14].
- 1872 : création de la SACM ; mise en service du Nouveau Bassin de Mulhouse [13] [1].
- 1879 : DMC achète des terrains à Belfort ; la SACM y emploie 35 personnes en décembre [14] [13].
- 1914 : 6 700 personnes à la SACM de Belfort [13].
La potasse, de 1904 à 2002
La potasse est découverte en 1904 à Wittelsheim par Joseph Vogt, fondeur et fabricant de tours de sondage, associé à Amélie et Albert Zürcher, propriétaires terriens, et à Jean-Baptiste Grisez, brasseur et sourcier [15]. Le musée de la Mine situe le forage dans la forêt du Nonnenbruch, sur le ban de Wittelsheim, et tient Vogt, né à Soultz en 1847, pour le membre le plus important du trio [17] ; Amélie Zurcher, qui avait acquis jusqu'à 800 hectares de terres, est l'associée propriétaire du terrain [35]. L'Alsace est alors allemande : les industriels mulhousiens ne souhaitent pas investir et les banques parisiennes proposent, selon les MDPA, des conditions « exorbitantes », et c'est avec des capitaux allemands que naît la Gewerkschaft Amélie, le 13 juin 1906 [15] [16]. L'exploitation commence en février 1910 [15].
L'État français rachète les Mines de potasse d'Alsace le 24 mai 1924 pour 208 millions de francs, et la loi du 23 janvier 1937 rend la nationalisation effective [15]. Entre 1921 et 1930, des milliers de Polonais arrivent en France pour les bassins miniers, dont celui de la potasse [16]. Le 23 juillet 1940, la catastrophe de la mine Rodolphe fait 25 morts. En 1948, les mines comptent 13 880 salariés, leur record [15]. L'extraction s'arrête à la mine Amélie le 10 septembre 2002, après l'incendie de StocaMine, au terme de 567 millions de tonnes de minerai brut [15], soit environ 140 millions de tonnes de chlorure de potassium pur [17]. L'histoire complète du bassin et du stockage de déchets est racontée dans notre dossier de la potasse d'Alsace à StocaMine.
Brasseurs et verriers
D'autres industries prennent de l'ampleur. La brasserie fondée en 1664 par le tonnelier-brasseur Jérôme IV Hatt sous l'enseigne « Le Canon » est transférée en 1850 à Cronenbourg, sur les hauteurs de Strasbourg, par Frédéric Guillaume Hatt. En 1969, Kronenbourg ouvre une nouvelle unité à Obernai, qu'elle présente comme la plus grande brasserie française [28]. Le site actuel est décrit dans notre fiche sur la brasserie Kronenbourg d'Obernai.
En 1921, René Lalique construit une manufacture à Wingen-sur-Moder ; il choisit les Vosges du Nord parce qu'il sait y trouver des verriers qualifiés [22]. Le village avait déjà abrité la verrerie du Hochberg, active jusqu'en 1868 [21].
Les chocs textiles
Le textile, qui a fait Mulhouse, recule dans la seconde moitié du XXe siècle. En 1961, DMC renonce à transformer la matière première et se recentre sur les fils à coudre et à broder [6]. L'entreprise a pourtant compté jusqu'à 14 000 salariés dans les années 1970, selon ADIRA [25]. En 1976, l'industrie textile des frères Schlumpf sombre dans la faillite après le choc pétrolier ; en 1977, les ouvriers licenciés découvrent la collection de voitures, qui deviendra le Musée national de l'automobile [29].
DMC survit en changeant plusieurs fois de mains. En février 2019, ICI rapportait sa vente à Lion Capital, après BlueGem en 2016, avec environ 400 salariés et 90 millions d'euros de chiffre d'affaires en 2018 [26]. En octobre 2023, ADIRA décrivait une production mulhousienne d'une centaine de personnes sur 7 hectares, 350 tonnes de fils par an, et une centaine de salariés sur la plateforme logistique d'Illzach [25]. Les deux chiffres ne couvrent sans doute pas le même périmètre et ne doivent pas être comparés directement.
L'automobile, puis l'après-2000
La crise du textile a aussi produit une main-d'œuvre qualifiée disponible, et c'est l'argument qui attire Peugeot. Selon L'argus, la première pierre de l'usine de Mulhouse est posée en 1961 et la production débute en 1962 sous le nom d'Indenor, filiale de Peugeot : 580 salariés y fabriquent des boîtes de vitesses pour les 403 et 404 [27]. Le même article évoque ailleurs une première pierre en 1971 et une ouverture l'année suivante. Nous retenons 1961-1962 pour l'atelier de mécanique ; la date de 1971 renverrait à l'usine de montage de voitures, un point que nous n'avons pas pu recouper.
Au bord du Rhin, la centrale de Fessenheim entre en service en 1977 [30]. EDF avait programmé l'arrêt de ses deux réacteurs le 22 février et le 30 juin 2020 [31] ; le décret publié au Journal officiel le 3 mai 2026 autorise son démantèlement complet, qu'EDF vise d'achever le 30 juin 2048 [30]. Le détail figure dans notre dossier sur Fessenheim et l'énergie du Rhin.
Le tournant le plus récent concerne l'automobile. Le 2 juin 2026, Stellantis annonce un investissement de plus d'un milliard d'euros en France, dont 40 % pour son usine de Mulhouse, qui emploie environ 4 500 salariés et produira trois nouveaux modèles Peugeot électriques ou hybrides à partir de 2029 [32]. L'usine, sa production et ses effectifs sont présentés dans notre fiche sur Stellantis à Mulhouse. Pour mesurer ce que pèse aujourd'hui l'industrie dans l'emploi alsacien, voir notre page sur l'emploi industriel en Alsace par zone.
- 1961 : DMC abandonne la transformation de la matière première [6].
- 1962 : début de la production Peugeot-Indenor à Mulhouse [27].
- 1976 : faillite du groupe textile Schlumpf [29].
- 1977 : mise en service de Fessenheim [30].
- 2002 : fin de l'extraction de potasse [15].
- 2020 : arrêt des deux réacteurs de Fessenheim [31].
- 2029 : trois modèles Peugeot électrifiés attendus à Mulhouse [32].
Chronologie en vingt dates
Le tableau rassemble vingt dates citées dans ce dossier, de la forge de Jaegerthal à l'annonce de Stellantis, avec le lieu et la source de chacune.
| Année | Événement | Lieu | Source |
|---|---|---|---|
| 1684 | Jean II De Dietrich acquiert la forge de Jaegerthal | Jaegerthal (Vosges du Nord) | [18] De Dietrich |
| 1730 | Lettres patentes de la Manufacture royale d'armes blanches (15 juillet) | Klingenthal | [23] Chemins de mémoire |
| 1746 | Première manufacture d'impression sur étoffes, Koechlin, Schmaltzer et Cie | Mulhouse | [2] MISE ; [3] NetDBA |
| 1765 | Jean Dollfus fonde la fabrique Dollfus-Hofer, origine de DMC selon le NetDBA | Mulhouse | [4] NetDBA |
| 1792 | La Marseillaise, commandée par le maire Philippe-Frédéric de Dietrich (25-26 avril) | Strasbourg | [18] De Dietrich ; [20] NetDBA |
| 1798 | Réunion de Mulhouse à la France | Mulhouse | [1] Ville de Mulhouse |
| 1800 | Raison sociale Dollfus-Mieg et Compagnie (DMC) | Mulhouse | [5] SIM |
| 1826 | Fondation de la Société industrielle de Mulhouse | Mulhouse | [7] SIM |
| 1839 | Inauguration de la ligne Mulhouse-Thann (1er septembre) | Mulhouse, Thann | [9] Numistral |
| 1853 | Société mulhousienne des cités ouvrières, fondée par Jean Dollfus (1800-1887) | Mulhouse | [12] Numistral |
| 1872 | Création de la SACM par fusion d'André Koechlin et Cie et de Graffenstaden | Mulhouse, Graffenstaden | [13] POP |
| 1879 | DMC et la SACM s'implantent à Belfort pour contourner la barrière douanière | Belfort | [13] [14] POP |
| 1904 | Découverte de la potasse | Wittelsheim | [15] MDPA |
| 1921 | René Lalique construit sa manufacture | Wingen-sur-Moder | [22] Musée Lalique |
| 1948 | Effectif record des Mines de potasse : 13 880 salariés | Bassin potassique | [15] MDPA |
| 1962 | Début de la production Peugeot-Indenor (580 salariés) | Mulhouse | [27] L'argus |
| 1969 | Kronenbourg ouvre sa brasserie d'Obernai | Obernai | [28] Kronenbourg |
| 1977 | Mise en service de la centrale de Fessenheim | Fessenheim | [30] SFEN |
| 2002 | Fin de l'extraction de potasse à la mine Amélie (10 septembre) | Wittelsheim | [15] MDPA |
| 2026 | Stellantis : 40 % d'un investissement de plus d'1 Md€ pour Mulhouse, 3 modèles dès 2029 | Mulhouse | [32] Échos+ |
Télécharger ce tableau au format CSV. Sources : Ville de Mulhouse, SIM, NetDBA, POP (ministère de la Culture), BNU-Numistral, MDPA, sites des entreprises, SFEN, L'argus, Échos+. Consultation le 26 septembre 2026.
Les autres dossiers du site sont rassemblés sur la page des dossiers.
Questions fréquentes
Que veut dire DMC ?
DMC signifie Dollfus-Mieg et Compagnie. Selon la Société industrielle de Mulhouse, Daniel Dollfus prend cette dénomination au printemps 1800, en épousant Anne-Marie Mieg. L'entreprise revendique 1746 comme date de fondation ; le Nouveau dictionnaire de biographie alsacienne rattache plutôt sa lignée à la fabrique Dollfus-Hofer, fondée en 1765 par Jean Dollfus. En 2023, DMC produisait encore 350 tonnes de fils par an à Mulhouse.
Pourquoi appelait-on Mulhouse la Manchester française ?
La Ville de Mulhouse rattache le surnom à la « ville aux 100 cheminées » née de l'industrie textile et des infrastructures du XIXe siècle : bassin du canal du Rhône au Rhin en 1829, chemin de fer vers Thann en 1839, vers Strasbourg et Bâle en 1841, vers Paris en 1859. La Société industrielle de Mulhouse, fondée en 1826, réunissait les fabricants de la ville.
Qui a découvert la potasse en Alsace ?
Selon les Mines de potasse d'Alsace, la potasse est découverte en 1904 à Wittelsheim par Joseph Vogt, industriel et fabricant de tours de sondage, associé à Amélie et Albert Zürcher, propriétaires terriens, et à Jean-Baptiste Grisez, brasseur et sourcier. L'exploitation commence en février 1910 et l'extraction s'arrête le 10 septembre 2002, après 567 millions de tonnes de minerai brut.
Depuis quand Peugeot est-il à Mulhouse ?
Selon L'argus, la première pierre de l'usine est posée en 1961 et la production débute en 1962, sous le nom d'Indenor, filiale de Peugeot, avec 580 salariés qui fabriquent des boîtes de vitesses pour les 403 et 404. Le même article mentionne aussi une première pierre en 1971, sans doute celle de l'usine de montage, un point non recoupé. Le site, devenu Stellantis, emploie environ 4 500 salariés en 2026.
Qu'est-ce que l'annexion de 1871 a changé pour l'industrie alsacienne ?
La barrière douanière dressée en 1871 entre l'Alsace, devenue allemande, et la France coupe les industriels de leurs clients français. DMC achète en 1879 des terrains à Belfort, restée française. La Société alsacienne de constructions mécaniques, créée en 1872, s'y installe aussi : son usine belfortaine passe de 35 personnes en décembre 1879 à 6 700 en 1914, selon l'inventaire du patrimoine.
Sources
- Ville de Mulhouse, « Histoire et patrimoine », mulhouse.fr, consulté le 26 septembre 2026.
- Musée de l'Impression sur Étoffes, « La collection », musee-impression.fr, consulté le 26 septembre 2026.
- NetDBA, Nouveau dictionnaire de biographie alsacienne, « Dollfus Jean Henri », alsace-histoire.org, consulté le 26 septembre 2026.
- NetDBA, Nouveau dictionnaire de biographie alsacienne, « Dollfus Jean », alsace-histoire.org, consulté le 26 septembre 2026.
- Société industrielle de Mulhouse, « DMC 275 ans », sim.asso.fr, consulté le 26 septembre 2026.
- Ministère de la Culture, POP, notice Mérimée IA68005700 (usine DMC de Dornach), pop.culture.gouv.fr, consulté le 26 septembre 2026.
- Société industrielle de Mulhouse, page d'accueil, sim.asso.fr, consulté le 26 septembre 2026.
- Musée de l'Impression sur Étoffes, « Le musée de l'impression sur étoffes », musee-impression.fr, consulté le 26 septembre 2026.
- BNU, Numistral, « La construction de la ligne Mulhouse-Thann et les débuts du chemin de fer en Alsace », numistral.fr, consulté le 26 septembre 2026.
- NetDBA, Nouveau dictionnaire de biographie alsacienne, « Koechlin André », alsace-histoire.org, consulté le 26 septembre 2026.
- NetDBA, Nouveau dictionnaire de biographie alsacienne, « Koechlin Nicolas », alsace-histoire.org, consulté le 26 septembre 2026.
- BNU, Numistral, « La cité ouvrière de Mulhouse », numistral.fr, consulté le 26 septembre 2026.
- Ministère de la Culture, POP, notice Mérimée IA90000114 (SACM à Belfort), pop.culture.gouv.fr, consulté le 26 septembre 2026.
- Ministère de la Culture, POP, notice Mérimée IA90000117 (usine DMC à Belfort), pop.culture.gouv.fr, consulté le 26 septembre 2026.
- MDPA, « L'histoire des mines de potasse d'Alsace », mdpa-stocamine.org, consulté le 26 septembre 2026.
- Groupe Rodolphe, « La potasse », carreau-rodolphe.com, consulté le 26 septembre 2026.
- Musée de la Mine et de la Potasse, « Petite histoire de l'exploitation de la potasse », mine.musees-mulhouse.fr, consulté le 26 septembre 2026.
- De Dietrich, « Histoire », dedietrich.com, consulté le 26 septembre 2026.
- NetDBA, Nouveau dictionnaire de biographie alsacienne, « Dietrich Jean de », alsace-histoire.org, consulté le 26 septembre 2026.
- NetDBA, Nouveau dictionnaire de biographie alsacienne, « Dietrich Philippe Frédéric de », alsace-histoire.org, consulté le 26 septembre 2026.
- Musée Lalique, « Le site verrier du Hochberg », musee-lalique.com, consulté le 26 septembre 2026.
- Musée Lalique, « René Lalique », musee-lalique.com, consulté le 26 septembre 2026.
- Ministère des Armées, Chemins de mémoire, « Maison de la Manufacture d'armes blanches du Klingenthal », cheminsdememoire.gouv.fr, consulté le 26 septembre 2026.
- Musée du Papier Peint, « Le bâtiment », museepapierpeint.org, consulté le 26 septembre 2026.
- ADIRA, « DMC se développe et inaugure l'extension de sa plateforme logistique d'Illzach » (20 octobre 2023), adira.com, consulté le 26 septembre 2026.
- ICI (France Bleu), « Mulhouse : l'entreprise de fils à broder DMC change à nouveau de main » (14 février 2019), francebleu.fr, consulté le 26 septembre 2026.
- L'argus, « Peugeot, Citroën et DS célèbrent les 60 ans de l'usine de Mulhouse », largus.fr, consulté le 26 septembre 2026.
- Kronenbourg, « L'histoire de Brasseries Kronenbourg », kronenbourg.com, consulté le 26 septembre 2026.
- Musée National de l'Automobile, « L'histoire de la collection Schlumpf », musee-automobile.fr, consulté le 26 septembre 2026.
- SFEN, « Fessenheim: full decommissioning » (2026), sfeninenglish.org, consulté le 26 septembre 2026.
- EDF, « Closure of Fessenheim nuclear power plant » (communiqué), edf.fr, consulté le 26 septembre 2026.
- Échos+, « Stellantis investit plus d'un milliard d'euros et conforte l'avenir industriel de Mulhouse » (2 juin 2026), echosplus.com, consulté le 26 septembre 2026.
- NetDBA, Nouveau dictionnaire de biographie alsacienne, « Koechlin Samuel », alsace-histoire.org, consulté le 26 septembre 2026.
- NetDBA, Nouveau dictionnaire de biographie alsacienne, « Koechlin Émile », alsace-histoire.org, consulté le 26 septembre 2026.
- NetDBA, Nouveau dictionnaire de biographie alsacienne, « Zurcher Amélie », alsace-histoire.org, consulté le 26 septembre 2026.