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Industrie en Alsace · mise à jour du 26 septembre 2026

Dossier

De Kembs en 1932 au démantèlement de Fessenheim d'ici 2048, l'électricité alsacienne se fabrique sur le Rhin

Depuis le 25 juin 2026, la centrale nucléaire de Fessenheim est officiellement en démantèlement ; le décret n° 2026-336 du 1er mai 2026 fixe la fin des opérations au plus tard au 30 juin 2048 [5] [6]. Sur le Rhin, entre Bâle et Lauterbourg, les centrales hydroélectriques exploitées par EDF produisent, selon l'électricien, l'équivalent de plus de la moitié de la consommation électrique de l'Alsace [1].

Publié le · Mis à jour le

Puissance hydroélectrique d'EDF sur le Rhin

1 400 MW

puissance globale des centrales du Rhin exploitées par EDF, brochure EDF de 2013, source [2]

En bref

  • Douze centrales hydroélectriques jalonnent le Rhin de Bâle à Lauterbourg, dont dix exploitées par EDF et ses filiales ; la plus ancienne, Kembs, date de 1932 [1].
  • Le Grand Canal d'Alsace mesure 52 kilomètres et porte quatre centrales : Kembs, Ottmarsheim, Fessenheim et Vogelgrun [2].
  • La concession de Kembs court jusqu'au 31 décembre 2035 [3].
  • Les deux réacteurs de Fessenheim sont arrêtés depuis 2020 ; le démantèlement, lancé le 25 juin 2026, doit s'achever au plus tard le 30 juin 2048 [7] [6].
  • La fermeture a supprimé environ 2 000 emplois directs, indirects et induits selon la chambre régionale des comptes ; l'usine Liebherr de Nambsheim est attendue début 2028 [9] [15].

Le Grand Canal d'Alsace, projet de René Koechlin

Le Rhin qui borde l'Alsace a d'abord été redressé. De 1840 à 1876, les travaux de correction conduits sur les plans de Tulla canalisent le fleuve le long de la frontière franco-allemande [2]. L'idée suivante vient d'un ingénieur alsacien, René Koechlin, qui « imagine, étudie et propose la construction d'un canal latéral au Rhin ». Le traité de Versailles de 1919 accorde à la France un droit exclusif d'aménagement du Rhin franco-allemand, et le projet est autorisé en 1925 [2].

Le chantier du Grand Canal d'Alsace et de l'aménagement de Kembs démarre en 1928 ; la centrale est mise en service en 1932 [2]. EDF la présente comme « la première centrale de la chaîne du Rhin imaginée par René Koechlin » [1]. Le canal mesure 52 kilomètres de long, 150 mètres de large et 10 mètres de profondeur moyenne [2]. Pour situer cet ouvrage parmi les autres étapes régionales, notre page sur l'histoire industrielle de l'Alsace retrace les grandes étapes régionales.

Nationalisés en 1946, les ouvrages passent à Électricité de France, qui vient d'être créée [2]. Les centrales suivent sur le canal, puis au-delà :

  1. 1952 : Ottmarsheim [2].
  2. 1956 : Fessenheim hydraulique ; la même année, la Convention franco-allemande de Luxembourg préconise l'abandon du Grand Canal au profit d'aménagements « en feston » [2].
  3. 1959 : Vogelgrun, dernière centrale construite sur le Grand Canal [2].
  4. 1961 à 1970 : Marckolsheim (1961), Rhinau (1963), Gerstheim (1967) et Strasbourg (1970), en feston [2].
  5. 1974 et 1977 : Gambsheim et Iffezheim, aménagements « en ligne » [2].
  6. 2008 et 2009 : deux petites centrales à Brisach et Kehl [2].

Entre 1956 et 1973, EDF confie à l'artiste Raymond Couvègnes (1893-1985) une série de sept commandes pour ses centrales, de Fessenheim à Gambsheim [2].

Douze centrales entre Bâle et Lauterbourg

« 12 centrales hydroélectriques longent le Rhin de Bâle à Lauterbourg sur près de 185 km de frontière franco-allemande. 10 d'entre elles sont exploitées par EDF et ses filiales », indique EDF [1]. La brochure de 2013 détaille le montage : 10 grandes centrales et 2 petites, dont 8 exploitées par EDF et 4 franco-allemandes. Gambsheim est concédée à CERGA, filiale d'EDF et de l'énergéticien allemand EnBW, et exploitée par EDF ; Iffezheim, implantée sur la rive allemande, est concédée à RKI, autre filiale commune, et exploitée par EnBW [2].

Les centrales exploitées par EDF représentent une puissance globale de 1 400 MW et produisent en moyenne un peu plus de 8 milliards de kWh par an, selon la brochure de 2013 [2]. Elles fournissent environ 20 % de l'énergie hydraulique d'EDF en France [1]. La part de la consommation alsacienne couverte varie selon le document : « les deux tiers » en 2013 [2], « plus de la moitié » sur la page actuelle [1]. En 2013, le parc employait 200 salariés, une dizaine d'agents par site, et le centre de conduite hydraulique de Kembs supervisait l'ensemble 24 heures sur 24 ; la tension était généralement élevée à 225 000 volts [2].

Les centrales servent aussi la navigation. En 2013, EDF exploitait 8 écluses avec 49 éclusiers bilingues et assermentés, l'allemand étant la langue officielle de la navigation sur le Rhin. L'écluse de Strasbourg voyait alors passer 24 000 bateaux par an ; le fleuve descend d'un peu plus de 130 mètres entre Kembs et Iffezheim [2]. Le trafic des ports rhénans est détaillé dans notre dossier sur le port autonome de Strasbourg et les ports du Rhin.

Des puissances unitaires qui divergent

Centrale par centrale, les chiffres d'EDF ne concordent pas d'un document à l'autre. La page actuelle attribue 150 MW à Kembs, 180 MW à Ottmarsheim, 135 MW à Vogelgrun, 160 MW à Marckolsheim et 160 MW à Rhinau [1] ; la brochure de 2013 donne respectivement 160, 160, 140, 150 et 150 MW [2]. L'addition des puissances unitaires publiées ne redonne exactement 1 400 MW dans aucune des deux séries. Le tableau reproduit les deux versions, avec leur source.

Centrales hydroélectriques du Rhin : puissance selon EDF (2026 et 2013)
CentraleMise en servicePuissance EDF 2026 (MW)Puissance EDF 2013 (MW)Concession ou exploitationSource
Kembs1932150160EDF, concession 80 % française et 20 % suisse[1] [2] [3] EDF
Kembs, centrale K20168,48 (en construction)EDF[1] [2] EDF
Ottmarsheim1952180160EDF[1] [2] EDF
Fessenheim1956180180EDF[1] [2] EDF
Vogelgrun1959135140EDF[1] [2] EDF
Brisach (petite centrale)2008non publiée3EDF-CERGA[2] EDF
Marckolsheim1961160150EDF[1] [2] EDF
Rhinau1963160150EDF[1] [2] EDF
Gerstheim1967140140EDF[1] [2] EDF
Strasbourg1970150150EDF[1] [2] EDF
Kehl (petite centrale)2008-2009non publiéenon publiéeEnBW-RKI[2] EDF
Gambsheim1974100100CERGA (EDF et EnBW), exploitée par EDF[1] [2] EDF
Iffezheim (rive allemande)1977148non publiéeRKI (EDF et EnBW), exploitée par EnBW[1] [2] EDF

Télécharger ce tableau au format CSV. Sources : EDF, page « La production hydroélectrique sur le Rhin franco-allemand » (consultée le 26 septembre 2026) et brochure EDF de janvier 2013. Les deux séries divergent pour six centrales, dont la centrale K.

Kembs, la plus ancienne centrale, concédée jusqu'en 2035

La concession de l'aménagement hydroélectrique de Kembs, française à 80 % et suisse à 20 %, a été renouvelée à EDF le 15 décembre 2010 « pour une période courant jusqu'au 31 décembre 2035 » [3]. La centrale historique de 1932 compte 2 groupes Kaplan et 4 hélices [1].

Une nouvelle usine a été mise en service en 2016 : la centrale K, « K comme Kraft, “force” en allemand et en alsacien », selon EDF. Ses deux turbines de 4,2 MW, soit 8,4 MW installés, peuvent délivrer près de 28 millions de kWh par an [3] [1]. Le débit réservé du Vieux-Rhin a été relevé de 20 à 52 m³/s en hiver et jusqu'à 150 m³/s en été [3].

Le même programme a renaturé plus de 100 hectares de parcelles agricoles sur l'île du Rhin, avec la restauration d'un ancien bras de 7 kilomètres surnommé le « petit Rhin ». La « digue de Tulla » a été partiellement détruite en rive française [3].

Fessenheim nucléaire, 1977-2020

Par décret du 3 février 1972, l'État autorise la création de l'installation nucléaire de base n° 75, la centrale nucléaire de Fessenheim [6]. Elle compte deux réacteurs de 900 MWe, à 1,5 km de la frontière allemande et à 30 km environ de la Suisse [7]. Son financement associait, selon la Sfen, association de promotion du nucléaire, EDF (67,5 %), l'allemand EnBW (17,5 %) et un consortium de trois sociétés suisses (15 %) [18].

  1. 7 mars 1977 : premières fissions dans Fessenheim 1, premier réacteur français de la filière REP 900 MW [17].
  2. 6 avril et 6 octobre 1977 : couplage au réseau des tranches 1 et 2 [17].
  3. 2018 : 11,9 milliards de kWh produits, l'équivalent de 85 % de la consommation de l'Alsace selon la Sfen [17].
  4. 25 octobre 2018 : le Conseil d'État annule un premier décret d'abrogation daté du 8 avril 2017 [18].
  5. 27 septembre 2019 : protocole d'indemnisation entre l'État et EDF, près de 400 millions d'euros sur quatre ans [19].
  6. 18 février 2020 : décret abrogeant l'autorisation d'exploiter d'EDF [19].
  7. 22 février et 30 juin 2020 : arrêt définitif des réacteurs 1 puis 2 [7].

Sur l'ensemble de son exploitation, la centrale a produit près de 430 TWh, selon la Sfen [18]. Avant la fermeture, la même source recensait 700 salariés d'EDF et 280 salariés permanents d'entreprises prestataires sur le site [18].

Le démantèlement, jusqu'en 2048

L'ASNR rend le 29 janvier 2026 un avis favorable sur le projet de décret [8]. Le décret n° 2026-336, signé le 1er mai 2026, paraît au Journal officiel le 3 mai [6] [4]. Son article 4 dispose : « Les opérations de démantèlement […] sont achevées au plus tard le 30 juin 2048 » [6]. L'ASNR approuve le rapport de sûreté et les règles générales d'exploitation le 19 juin 2026, et le basculement dans ces référentiels, le 25 juin, marque « l'entrée officielle du site en démantèlement » [5].

EDF chiffre le chantier : 405 000 tonnes de matériaux, dont 95 % non radioactifs, et 300 personnes en moyenne par an jusqu'en 2048 [4] ; L'EnerGeek évoque plutôt 300 à 400 personnes [19]. L'évacuation du combustible a déjà retiré 99,9 % de la radioactivité présente sur le site, 30 millions d'euros d'équipements ont été valorisés dans le parc, et 3 000 prélèvements et 4 500 analyses sont réalisés chaque année [4]. Premier chantier : découper les trois générateurs de vapeur du réacteur n° 1, des pièces de plus de 300 tonnes et de plus de 20 mètres de haut [5]. Le coût est « provisionné dans les comptes du groupe EDF », sans montant publié dans ses communiqués [4].

L'état final exigé est « au minimum compatible avec un usage à des fins industrielles » [8], avec la démolition des bâtiments « jusqu'à une profondeur d'au moins un mètre » [13]. L'ASNR relève que la baisse d'effectif « impose néanmoins une vigilance quant au maintien de certaines compétences à moyen terme » [7]. Selon L'EnerGeek, l'effectif de 740 agents avait déjà été divisé par deux fin 2021, avec 370 personnes redéployées [19]. Les durées annoncées au fil des ans ont varié, jusqu'à « 22 ans » évoqués par ici en 2026 [13] ; la seule échéance opposable est celle du décret. Autre chantier de fin de vie industrielle dans le Haut-Rhin, le confinement des déchets de StocaMine à Wittelsheim obéit à un calendrier bien plus court.

Ce que la fermeture a coûté au territoire

La chambre régionale des comptes Grand Est a mesuré l'impact sur la communauté de communes Alsace Rhin Brisach, née le 1er janvier 2017 de la fusion du Pays de Brisach et de l'Essor du Rhin, qui regroupe 29 communes et 34 600 habitants et siège à Volgelsheim. La fermeture a entraîné « la suppression d'environ 2 000 emplois (directs, indirects et induits) et une perte de 6,6 M€ de recettes fiscales pour la communauté » [9]. La Sfen, citant l'Insee, avançait en 2020 un chiffre de 5 000 revenus dépendants de la centrale [18] ; les périmètres ne sont pas comparables.

L'État a mis en place des compensations sur dix ans, de 2021 à 2030, mais selon la chambre elles « ne couvraient intégralement les pertes que jusqu'en 2023 » [9]. Le territoire affichait en 2021 un taux de chômage de 7,5 %, inférieur aux moyennes de référence [9]. Un projet de territoire franco-allemand a été signé en février 2019 par treize partenaires, un an avant l'arrêt du premier réacteur [10]. Le centre culturel transfrontalier Art'Rhena a ouvert en 2021 [9].

Reconversion : EcoRhéna, Liebherr et le port rhénan

Le levier foncier s'appelle EcoRhéna : 82,5 hectares de parcelles au bord du canal d'Alsace, portés par le syndicat mixte du port rhénan de Colmar-Neuf-Brisach, pour 15,15 M€ mobilisés entre 2018 et 2026 [9]. Le tribunal administratif de Strasbourg a rejeté le 11 mars 2025 le recours contre la création de la zone industrielle de Nambsheim [21]. En décembre 2025, la cour administrative d'appel de Nancy a en revanche annulé le plan local d'urbanisme intercommunal de la communauté de communes [23].

Sur EcoRhéna, Liebherr construit une usine à Nambsheim. Annoncé en 2023 à 170 M€ pour environ 300 emplois à trois ans, le projet devait réunir une unité de mécanosoudage de sous-ensembles d'engins de terrassement, activité réalisée par Liebherr en Russie jusqu'au début de 2022, et la fabrication de cabines [20]. Le permis de construire est déposé le 23 juin 2025 [9]. En mars 2026, les riverains retirent leurs recours après l'obtention d'une zone tampon définitive de 6,05 hectares devant le village [23]. Le premier coup de pelle est donné le 23 juin 2026 : l'opération représente alors 130 M€, « contre 170 millions initialement évoqués pour l'ensemble du programme », pour une mise en service attendue début 2028, et la Région Grand Est l'accompagne à hauteur d'au moins un million d'euros [15]. Le site officiel de Liebherr affiche plus de 100 M€ d'investissement, plus de 200 collaborateurs, près de 47 hectares et une capacité de 10 000 postes de conduite par an [16]. Les activités alsaciennes existantes du groupe sont décrites dans notre fiche sur Liebherr à Colmar.

Le port rhénan de Colmar-Neuf-Brisach, qui traite 1,4 million de tonnes de marchandises par an, prévoit une extension de 25 hectares avec une grue de 800 tonnes, pour un budget de 27 M€. La zone industrielle Koechlin, attenante, réserve un peu plus de 10 hectares à un second projet industriel. Le pont ferroviaire Colmar-Fribourg, estimé à près de 900 M€, attendait encore en 2025 ses arbitrages budgétaires [9]. La préfecture cite aussi les investissements soutenus par France Relance et France 2030 chez Schilliger Bois et chez Constellium, à Neuf-Brisach [10].

Le Technocentre, projet reporté

Sur le site de la centrale, EDF et sa filiale Cyclife projettent un Technocentre qui fondrait des métaux très faiblement radioactifs pour en faire des lingots, destinés aux fondeurs du Grand Est [11]. Le dossier d'EDF cité par la chambre régionale des comptes évoque un investissement initial de 450 M€, environ 200 emplois directs pérennes, 200 à 300 personnes pendant cinq années de chantier et 2,4 M€ de fiscalité annuelle [9] ; France 3 parlait en juillet 2025 de « quelque 400 millions » [11].

Après un débat public tenu du 10 octobre 2024 au 7 février 2025, EDF décide le 7 juillet 2025 de poursuivre le projet, en mettant en avant « 76 % d'avis positifs sur 738 » [11]. La filiale Cyclife Technocentre est créée fin novembre 2025 [22]. Le 18 décembre 2025, une commission de suivi est installée et la mise en service est repoussée à 2032, « un an plus tard que les prévisions » ; l'association Stop Fessenheim refuse d'y siéger « pour ne pas être complice d'un simulacre de concertation » [12]. En janvier 2026, la CRIIRAD, association opposée au projet, remet une pétition de 7 650 signatures et note que le dépôt des demandes d'autorisation, prévu en août 2025, est désormais envisagé pour 2026 [22]. Le 22 avril 2026, le Technocentre figure parmi les 150 projets dont le président de la République annonce l'accélération [14].

EDF indique que des visites sont régulièrement organisées dans ses usines, centrales, barrages et écluses, et renvoie à son site de visites pour les conditions [1]. Sa brochure de 2013 signalait des passerelles panoramiques donnant sur les salles des machines de Fessenheim, Vogelgrun et Rhinau, ainsi qu'un espace visiteurs à la passe à poissons de Gambsheim [2]. D'autres lieux ouverts au public sont recensés dans notre dossier sur les visites du patrimoine industriel alsacien.

Questions fréquentes

Quand la centrale nucléaire de Fessenheim a-t-elle fermé ?

Les deux réacteurs de 900 MWe de Fessenheim ont été arrêtés définitivement en 2020 : le réacteur 1 le 22 février, le réacteur 2 le 30 juin, selon l'ASNR. L'autorisation d'exploiter détenue par EDF avait été abrogée par un décret du 18 février 2020. La centrale avait produit ses premiers kilowattheures en avril 1977.

Combien de temps va durer le démantèlement de Fessenheim ?

Le décret n° 2026-336 du 1er mai 2026, publié au Journal officiel le 3 mai, impose l'achèvement des opérations de démantèlement au plus tard le 30 juin 2048. Le site est officiellement entré en démantèlement le 25 juin 2026. EDF prévoit 300 personnes en moyenne par an sur le chantier et 405 000 tonnes de matériaux, dont 95 % non radioactifs.

Combien y a-t-il de centrales hydroélectriques sur le Rhin ?

EDF compte 12 centrales hydroélectriques le long du Rhin entre Bâle et Lauterbourg, sur près de 185 km de frontière franco-allemande, dont 10 exploitées par EDF et ses filiales. La plus ancienne est Kembs, mise en service en 1932 ; la dernière grande centrale est Iffezheim, en 1977, sur la rive allemande.

Quelle est la longueur du Grand Canal d'Alsace ?

Le Grand Canal d'Alsace mesure 52 kilomètres de long, 150 mètres de large et 10 mètres de profondeur moyenne, selon EDF. Imaginé par l'ingénieur alsacien René Koechlin, autorisé en 1925 et mis en chantier en 1928, il porte quatre centrales dans le Haut-Rhin : Kembs, Ottmarsheim, Fessenheim et Vogelgrun.

Jusqu'à quand EDF exploite-t-elle la centrale de Kembs ?

La concession de l'aménagement hydroélectrique de Kembs, française à 80 % et suisse à 20 %, a été renouvelée à EDF le 15 décembre 2010 pour une période courant jusqu'au 31 décembre 2035. En 2016, EDF y a ajouté la centrale K, de 8,4 MW, qui peut produire près de 28 millions de kWh par an.

Qu'est-ce qui remplace la centrale de Fessenheim ?

Autour de Fessenheim, la zone EcoRhéna de 82,5 hectares accueille l'usine Liebherr de Nambsheim, lancée le 23 juin 2026 pour 130 M€ et attendue début 2028. EDF prépare sur le site de la centrale un Technocentre de recyclage de métaux très faiblement radioactifs, estimé à 450 M€, dont la mise en service est désormais annoncée pour 2032.

Sources

  1. EDF, « La production hydroélectrique sur le Rhin franco-allemand », edf.fr, consulté le 26 septembre 2026.
  2. EDF Unité de production Est, « Les aménagements hydroélectriques du Rhin franco-allemand » (brochure, janvier 2013), edf.fr, consulté le 26 septembre 2026.
  3. EDF, « Usine hydroélectrique de Kembs, un projet environnemental d'exception » (10 juillet 2024), edf.fr, consulté le 26 septembre 2026.
  4. EDF, « Fessenheim : la publication du décret ouvre la voie au démantèlement du site » (7 mai 2026), edf.fr, consulté le 26 septembre 2026.
  5. EDF, « Lancement des opérations de démantèlement à Fessenheim » (7 juillet 2026), edf.fr, consulté le 26 septembre 2026.
  6. Légifrance, décret n° 2026-336 du 1er mai 2026 prescrivant le démantèlement de l'installation nucléaire de base n° 75 (JORF n° 0104 du 3 mai 2026), legifrance.gouv.fr, consulté le 26 septembre 2026.
  7. ASNR, « Centrale nucléaire de Fessenheim » (mise à jour du 10 juin 2026), reglementation-controle.asnr.fr, consulté le 26 septembre 2026.
  8. ASNR, « Avis de l'ASNR sur le projet de décret du démantèlement de la centrale nucléaire de Fessenheim » (2026), asnr.fr, consulté le 26 septembre 2026.
  9. Chambre régionale des comptes Grand Est, rapport d'observations définitives sur la communauté de communes Alsace Rhin Brisach, exercices 2019 et suivants (novembre 2025), ccomptes.fr, consulté le 26 septembre 2026.
  10. Préfecture du Haut-Rhin, « Fessenheim : un territoire en reconversion active et accompagnée » (rapport d'activité 2024 des services de l'État), haut-rhin.gouv.fr, consulté le 26 septembre 2026.
  11. France 3 Grand Est, « Recyclage des déchets très faiblement radioactifs : EDF va poursuivre le projet Technocentre sur le site de l'ancienne centrale nucléaire de Fessenheim » (7 juillet 2025), france3-regions.franceinfo.fr, consulté le 26 septembre 2026.
  12. ici (France Bleu), « Fessenheim : centre de retraitement de déchets faiblement radioactifs, EDF entame une nouvelle phase de concertation » (18 décembre 2025), francebleu.fr, consulté le 26 septembre 2026.
  13. ici (France Bleu), « Fessenheim : le gouvernement autorise le démantèlement de la centrale nucléaire et précise le calendrier » (3 mai 2026), francebleu.fr, consulté le 26 septembre 2026.
  14. ici (France Bleu), « Les projets de technocentre de Fessenheim et d'extraction de lithium dans le Bas-Rhin accélérés par Emmanuel Macron » (22 avril 2026), francebleu.fr, consulté le 26 septembre 2026.
  15. Le Journal des entreprises, « Liebherr lance son chantier haut-rhinois » (juin 2026), lejournaldesentreprises.com, consulté le 26 septembre 2026.
  16. Liebherr, « Liebherr à Nambsheim », liebherr.com, consulté le 26 septembre 2026.
  17. Sfen (association de promotion du nucléaire), « Zoom sur : Fessenheim, 43 ans d'exploitation seulement », sfen.org, consulté le 26 septembre 2026.
  18. Sfen (association de promotion du nucléaire), « Fessenheim, chronologie d'une fermeture politique » (2020), sfen.org, consulté le 26 septembre 2026.
  19. L'EnerGeek, « En éteignant Fessenheim en 2020, l'État a déclenché un chantier de 405 000 tonnes de déchets » (23 septembre 2026), lenergeek.com, consulté le 26 septembre 2026.
  20. ADIRA, « Liebherr France : un investissement industriel majeur pour le Centre-Alsace » (2023), adira.com, consulté le 26 septembre 2026.
  21. Rue89 Strasbourg, « La justice autorise l'aménagement d'une vaste zone industrielle à Nambsheim » (mars 2025), rue89strasbourg.com, consulté le 26 septembre 2026.
  22. CRIIRAD, « Technocentre de Fessenheim : la CRIIRAD remet sa pétition aux autorités concernées » (15 janvier 2026), criirad.org, consulté le 26 septembre 2026.
  23. Le Journal des entreprises, « L'horizon s'éclaircit pour la future usine de Liebherr dans le Haut-Rhin » (mars 2026), lejournaldesentreprises.com, consulté le 26 septembre 2026.