Déchets laissés au fond de StocaMine
41 999,35 t
tonnage inscrit dans l'arrêté préfectoral du 28 septembre 2023, source [10]
En bref
- La potasse est découverte en 1904 au sud de Wittelsheim ; l'exploitation dure de février 1910 au 10 septembre 2002, avec 24 puits et 567 725 000 tonnes de minerai extraites [1] [3].
- Les mines comptent jusqu'à 13 880 inscrits en 1948 et construisent plus de 7 000 logements dans le bassin [2] [3].
- StocaMine, stockage de déchets industriels dans le sel, fonctionne de 1999 à l'incendie du 10 septembre 2002 ; environ 2 000 tonnes en sont retirées entre 2014 et 2017 [4] [7].
- Le tribunal administratif de Strasbourg a rejeté le 17 juin 2025 les recours contre le confinement définitif ; la Collectivité européenne d'Alsace a annoncé faire appel [11] [21].
- Au 2 juillet 2026, les barrages 1 à 8 sur 12 sont terminés ; les MDPA visent la fin du confinement fin 2027 [9] [8].
La découverte de 1904 au sud de Wittelsheim
En juillet 1904, une sonde plantée au sud de Wittelsheim, dans le Haut-Rhin, cherche du charbon ou du pétrole. À 627 puis à 649 mètres de profondeur, elle traverse des couches de potasse, un minerai appelé sylvinite [16]. Les MDPA attribuent la découverte à Joseph Vogt, industriel, fondeur et fabricant de tours de sondage à grande profondeur, associé à Amélie et Albert Zürcher, propriétaires terriens, et à Jean-Baptiste Grisez, brasseur et sourcier [1]. L'association qui anime aujourd'hui le carreau Rodolphe ajoute à la liste le Dr Fischer, beau-frère de Grisez, et rapporte qu'Amélie Zurcher disait avoir entrevu cette richesse en rêve dès 1893 [16].
La Gewerkschaft Amélie, société à capitaux allemands, voit le jour le 13 juin 1906 [1] ; la première concession, Amélie, est attribuée à partir du même mois [3]. Le fonçage du puits Amélie 1 commence en 1907 et l'exploitation démarre en février 1910. À la veille de la Première Guerre mondiale, 13 puits sont déjà foncés [1]. Joseph Vogt crée en parallèle, en 1910, la société Kali Sainte-Thérèse, avec des investisseurs lorrains et des capitaux français [16].
L'État français rachète les Mines de Potasse d'Alsace le 24 mai 1924 pour 208 millions de francs. La loi du 23 janvier 1937 fixe le « régime définitif des Mines Domaniales de Potasse d'Alsace » [1]. Le gisement est découpé en 37 concessions couvrant 222 km² sur 33 communes, dont 14 n'ont jamais été exploitées [3]. Pour replacer cette aventure dans la longue durée, notre page sur l'histoire industrielle de l'Alsace depuis 1746 retrace les autres grandes étapes régionales.
Mineurs et cités minières du bassin potassique
L'effectif grimpe vite : 3 400 inscrits en 1918, 6 500 en 1924, plus de 11 000 en 1930, puis un maximum de 13 880 inscrits en 1948 selon les MDPA [2]. Les sources ne s'accordent pas tout à fait sur ce sommet : le site actuel des MDPA affiche un compteur arrondi à 14 000 [7], et Géoconfluences parle de « près de 13 000 salariés » à la fin des années 1950 [19]. Les premiers mineurs sont des paysans du Sundgau et de la Hardt et des viticulteurs ; viennent ensuite des travailleurs d'Italie, de Pologne et d'Afrique du Nord. Les MDPA notent que « la culture polonaise est restée très présente dans le Bassin Potassique ». Les klaubeurs trient la potasse à la main [2].
Wittelsheim, qui comptait quelques centaines d'habitants au début du siècle, dépasse les 7 000 habitants en 1929 [1]. Pierre De Retz, premier directeur général des MDPA, décrit ce que la compagnie bâtit autour des puits : « maisons pour ouvriers, employés et ingénieurs, maisons pour célibataires, églises, écoles, magasin de coopérative, salle des fêtes » [2]. Au total, plus de 7 000 logements sont construits pendant l'exploitation, puis vendus à partir de 1976, et le patrimoine foncier dépasse 5 000 hectares [3]. À Wittenheim, les cités Fernand et Anna entourent le terril Fernand [19]. Les puits portent des prénoms : Amélie, Joseph, Else, Marie, Louise, Max, Théodore, Rodolphe, Alex, Anna [1].
Le 23 juillet 1940, la catastrophe de la mine Rodolphe fait 25 morts, la plus meurtrière de l'histoire de la potasse alsacienne [1]. Dans les années 1950, les mines réalisent 13 % du chiffre d'affaires du Haut-Rhin, et les douze communes « minières » se regroupent en 1995 dans la communauté de communes du Bassin potassique [19]. Une filiale de diversification, la SODIV, est chargée dès 1984 de diversifier l'économie du bassin potassique [17].
Production, déclin et fermeture des puits
Les derniers puits sont foncés à Berrwiller en 1962, à Staffelfelden en 1972 et à Schoenensteinbach en 1973, ce qui porte le total à 24 [1]. Leur profondeur varie de 466 mètres (Anna Est) à 1 057 mètres (Ensisheim 2) [3]. Le record est atteint en 1974 : 13,361 millions de tonnes extraites, soit 2,79 millions de tonnes de potasse K2O après raffinage, selon l'association Groupe Rodolphe [17] ; Géoconfluences retient « 12 millions dans les années 1970 » [19]. En 1985, il reste 3 établissements, 13 puits et 4 973 salariés ; en 1998, la production tombe à 3,267 millions de tonnes de minerai [17].
Un plan cadre de reconversion du bassin potassique est signé en 1996 entre les MDPA, leur maison mère l'EMC, l'État et les collectivités [17]. Les fermetures s'enchaînent ensuite :
- 1997 : arrêt d'Ungersheim [1].
- 1998 : arrêt de Marie-Louise [1].
- 2001 : arrêt de Berrwiller [1].
- 10 septembre 2002 : arrêt d'Amélie, « suite à l'incendie de StocaMine », 18 mois plus tôt que prévu [1] [17].
- Fin 2008 : nomination d'un liquidateur ; la société est en liquidation amiable depuis 2009 [17] [7].
La date de fin de l'extraction varie selon les sources. Le site d'archives des MDPA et le Groupe Rodolphe donnent le 10 septembre 2002 ; Géoconfluences écrit « novembre 2002 » et indique une fermeture qui était « programmée pour 2003 » [19] ; le site actuel des MDPA affiche un compteur « 2004 » intitulé « Fermeture de la dernière mine » [7]. Les 18 mois d'avance évoqués par le Groupe Rodolphe renvoient à une fin prévue en 2004. Il reste environ 500 salariés en 2005 [19] et, au 1er mars 2026, 19 salariés épaulés par plus de 150 sous-traitants pour la fermeture du stockage [7].
Le carreau Rodolphe à Pulversheim
Le carreau Rodolphe, rue de Guebwiller à Pulversheim, appartient, selon l'association, au Conseil départemental du Haut-Rhin et il est animé par l'association Groupe Rodolphe, créée en 1997. Son sauvetage remonte à 1987, à l'initiative de l'Écomusée. Le site conserve deux chevalements : Rodolphe 1, métallique, haut de 40 mètres, de 1912, et Rodolphe 2, en béton, haut de 53 mètres, de 1928, ainsi qu'un château d'eau de 51 mètres [18]. Les jours, horaires et conditions de visite sont publiés sur le site de l'association. D'autres musées et lieux de mémoire ouvrière ouverts au public en Alsace sont recensés dans notre dossier dédié.
Le reste du patrimoine minier a été transmis, souvent par cessions à l'euro symbolique aux communes, et environ 1 000 hectares de terres agricoles sont passés à la SAFER ou aux exploitants [3]. Dix concessions portent un terril [3], et Géoconfluences évaluait en 2006 à 30 millions de tonnes les déchets miniers à traiter [19].
StocaMine, le stockage de 1999 à 2002
Pendant que les puits ferment, les MDPA ouvrent une autre activité. Un arrêté préfectoral du 3 février 1997 autorise un stockage souterrain de déchets d'une capacité de 320 000 tonnes pour 30 ans [10]. Mis en service en 1999, il est creusé sous l'ancienne mine Joseph-Else, dans des bancs de sel gemme situés à plus de 20 mètres sous le gisement de potasse, à plus de 500 mètres sous la surface et sous la nappe phréatique [4]. La profondeur exacte diffère selon les documents : 524 mètres pour l'AFP [20], 550 mètres sur le nouveau site des MDPA [7], 600 mètres dans le résumé de la cour administrative d'appel de Nancy [13].
Entre février 1999 et septembre 2002, environ 44 000 tonnes de déchets ultimes de l'industrie française y sont descendues [4]. Le 10 septembre 2002, un incendie se déclare dans le bloc 15 et entraîne l'arrêt des activités [10]. Il dure environ deux mois [23]. Selon la Cour des comptes, il « avait été causé par l'apport de déchets interdits par l'arrêté de 1997 » ; 76 personnes intoxiquées pendant l'incendie et les secours ont porté plainte, et une condamnation a été prononcée par le tribunal correctionnel de Mulhouse le 28 janvier 2008, confirmée par la cour d'appel de Colmar le 15 avril 2009 [15]. StocaMine, filiale des MDPA, a été absorbée par sa maison mère en 2014 ; le nom est resté [7].
Déstockage partiel, puis choix du confinement
Entre mai 2014 et octobre 2017, sept étapes de déstockage retirent 26 tonnes de mercure des blocs 11, 12, 21 et 23 ; plus de 8 000 colis sont manipulés [5]. Les MDPA chiffrent à 2 000 tonnes les déchets les plus dangereux remontés [7], restockés dans l'ancienne mine de sel de Sondershausen, en Thuringe, et pour le zirame à Herfa-Neurode [5]. L'opération a coûté 42 M€ et mobilisé environ 80 intervenants [6]. La part du mercure retirée est donnée à 95 % par les compteurs des MDPA et à 93 % dans le texte de l'INERIS reproduit sur la même page [6]. Les MDPA ont conclu qu'intervenir dans le bloc 15, touché par l'incendie, n'était « ni envisageable ni faisable » en raison du fluage du sel et des éboulements [6].
La suite se joue devant l'administration et les juges. Un premier arrêté de maintien illimité, daté du 23 mars 2017, est annulé le 15 octobre 2021 par la cour administrative d'appel de Nancy, qui relève des garanties financières non réévaluées et une information insuffisante du public [13]. Entre-temps, le 18 janvier 2021, la ministre de la transition énergétique annonce la décision de confiner les déchets et une enveloppe de 50 M€ pour la nappe [15]. Le préfet du Haut-Rhin signe le 28 septembre 2023 un nouvel arrêté qui prolonge l'autorisation « pour une durée illimitée », en visant l'article 165 de la loi de finances pour 2022 [10].
Cet arrêté détaille les 41 999,35 tonnes restées au fond, dont 20 671,45 t de résidus d'incinération, 6 874,62 t de déchets arséniés, 5 306,36 t de terres polluées, 3 773,60 t de déchets amiantés, 2 155,50 t de sels de trempe et 1 217,50 t de sels de trempe non cyanurés, 641 t de déchets de galvanisation, 428,81 t de déchets chromiques, 129,71 t de déchets mercuriels, 8,22 t de produits phytosanitaires et 501,62 t de déchets issus du chantier de déstockage [10]. L'AFP parle de « 42.000 mètres cubes » [20] ; les documents officiels raisonnent en tonnes.
Le contentieux, du référé au jugement de 2025
Saisi en référé, le tribunal administratif de Strasbourg suspend l'arrêté le 7 novembre 2023. Le Conseil d'État annule cette ordonnance le 16 février 2024 et les travaux peuvent reprendre [14]. Le 21 mai 2024, la Cour européenne des droits de l'homme refuse la mesure provisoire demandée dans l'affaire Alsace Nature et autres contre France [22].
Sur le fond, l'audience a lieu le 15 mai 2025, le rapporteur public conclut au rejet, et le jugement du 17 juin 2025 rejette les trois requêtes [11]. Les requérants réunissaient Alsace Nature, la CLCV 68, l'association de la cité Langenzug, Alternatiba Soultz, les communes de Wittenheim et d'Ungersheim, la Collectivité européenne d'Alsace et des riverains [11]. Le tribunal retient que le déstockage « n'était plus réalisable dans des conditions acceptables de sécurité » [12].
Les positions restent opposées. L'État a fait le choix du confinement en 2021 et l'a traduit dans l'arrêté de 2023 [15] [10]. Dès le 18 juin 2025, la Collectivité européenne d'Alsace annonce qu'elle fera appel ; l'AFP rapporte qu'elle y voit « une menace environnementale et sanitaire grave » [21]. En octobre 2025, l'AFP indique que « les opposants ont fait appel, mais celui-ci n'est pas suspensif » [20]. À la date de mise à jour de cette page, nous n'avons trouvé aucune décision de la cour administrative d'appel de Nancy sur cet appel.
Les travaux de confinement en 2026
Le principe retenu consiste à fermer les galeries d'accès au stockage par 12 barrages de béton dotés d'un noyau de 6 mètres, à remblayer les vides et à aménager une galerie exutoire [8]. Chaque barrage représente 500 m³ de béton, et 100 000 m³ doivent être injectés au total [20]. Entamé en 2019 et interrompu plusieurs fois, le chantier a repris en continu en mars 2024. Le 5 octobre 2025, l'AFP compte quatre barrages réalisés, trois en chantier et cinq à construire [20].
La présentation faite par les MDPA à la Commission de suivi de site du 2 juillet 2026 donne l'état suivant : barrages 1 à 8 terminés, remblayage des blocs 15, 26 et 16 (partie nord) terminé, barrages 9 et 10 en cours [9]. Un opérateur a fait une chute de 3,2 mètres le 30 mars 2026 ; les travaux en hauteur ont été suspendus le 7 avril, puis les chantiers des barrages 9 et 10 ont repris progressivement le 17 avril [9]. Les MDPA annoncent la fin du confinement « selon le planning actuel, fin 2027 » [8].
Le calendrier est contraint par le sel lui-même. La Cour des comptes évoque une date butoir « à horizon fin 2027 » au-delà de laquelle les installations pourraient ne plus être accessibles, du fait de la convergence du sel, de l'état du cuvelage du puits Joseph et de la machinerie du puits Else [15]. Elle prévoit ensuite une surveillance jusqu'en décembre 2028, le remblayage des puits Joseph et Else à partir de janvier 2029 et la fermeture en décembre 2029, voire début 2030 [15]. Le calendrier prévisionnel présenté par les MDPA en juillet 2026 va plus loin : confinement en 2026-2027, surveillance en 2028, remblayage des puits Joseph et Else en 2029-2030, puis démolition des bâtiments de surface et réhabilitation en 2031 [9]. La fin des opérations y intervient environ un an après la fermeture envisagée par la Cour des comptes.
Ce que coûte la fin de StocaMine
La Cour des comptes estime le confinement à environ 75 M€ pour une quarantaine de mois [15] ; l'AFP avance environ 70 M€ [20] et l'arrêté de 2023 retient 42 mois hors aléas [10]. Selon la Cour, l'allongement de la liquidation depuis 2014 a alourdi son coût total d'environ 226 M€ pour le budget de l'État, et les MDPA reçoivent une dotation annuelle d'environ 25 M€ [15]. L'accompagnement du territoire pourrait atteindre 100 M€, avec 50 M€ annoncés et 50 M€ en discussion. Dans le cadre du groupement d'intérêt public Joseph Else, les MDPA avaient versé près de 7,5 M€ à la commune de Wittelsheim entre 1999 et 2023 [15].
La nappe d'Alsace dans les modélisations
Le stockage se trouve sous la nappe phréatique [4]. Les barrages visent, selon l'arrêté de 2023, à « limiter à 0,7 m³/an » une éventuelle remontée de saumure contaminée ; l'impact modélisé serait « spatialement limité (0,6 ha) » dans la couche inférieure de la nappe [10]. Une tierce expertise de 2016 citée par les MDPA projette que la mine serait pleine d'eau dans 300 à 1 000 ans et que la saumure polluée ne commencerait à sortir du stockage qu'au bout d'environ 20 000 ans [6]. Ces durées sont des projections de modèle ; les requérants ont contesté l'ensemble de la démarche devant le juge [11].
La surveillance de l'ennoyage repose sur deux piézomètres, VLPB2 à Marie-Louise et VAPB2 à Amélie ; un troisième forage, à Berrwiller, faisait l'objet d'une étude confiée à ANTEA, attendue en juillet 2026 [9].
Chronologie chiffrée, de la sonde de 1904 à la fermeture
Le tableau reprend les dates et valeurs citées dans ce dossier. Pour la situation actuelle de l'emploi industriel autour de Mulhouse et dans le reste du Haut-Rhin, voir les effectifs industriels par zone d'emploi.
| Date | Événement | Valeur | Source |
|---|---|---|---|
| Juillet 1904 | Sondage au sud de Wittelsheim, la sonde traverse des couches de potasse | 627 et 649 m de profondeur | [16] Carreau Rodolphe |
| Février 1910 | Début de l'exploitation du gisement | 13 puits foncés en 1914 | [1] MDPA |
| 24 mai 1924 | Rachat des mines par l'État français | 208 millions de francs | [1] MDPA |
| 23 juillet 1940 | Catastrophe de la mine Rodolphe | 25 morts | [1] MDPA |
| 1948 | Effectif maximal des mines | 13 880 inscrits | [2] MDPA |
| 1974 | Record de production | 13,361 Mt de minerai, 2,79 Mt de K2O | [17] Carreau Rodolphe |
| 1985 | Mines encore en activité | 13 puits, 4 973 salariés | [17] Carreau Rodolphe |
| 3 février 1997 | Autorisation préfectorale de StocaMine | 320 000 t sur 30 ans | [10] Préfecture du Haut-Rhin |
| Février 1999 à septembre 2002 | Déchets descendus dans le stockage | environ 44 000 t | [4] MDPA |
| 10 septembre 2002 | Incendie du bloc 15, arrêt du stockage et de la mine Amélie | environ deux mois de feu | [10] Préfecture ; [23] ici |
| Mai 2014 à octobre 2017 | Déstockage partiel | environ 2 000 t, dont 26 t de mercure, pour 42 M€ | [7] [5] [6] MDPA |
| 28 septembre 2023 | Arrêté de maintien pour une durée illimitée | 41 999,35 t restantes | [10] Préfecture du Haut-Rhin |
| 17 juin 2025 | Jugement du tribunal administratif de Strasbourg | 3 requêtes rejetées | [11] TA Strasbourg |
| 5 octobre 2025 | Avancement du confinement (AFP) | 4 barrages réalisés sur 12 | [20] AFP |
| 1er mars 2026 | Effectif de la société MDPA | 19 salariés, plus de 150 sous-traitants | [7] MDPA |
| 2 juillet 2026 | Avancement du confinement (MDPA) | 8 barrages terminés sur 12 | [9] MDPA |
| Fin 2027 | Fin prévue des travaux de confinement | coût estimé à environ 75 M€ (Cour des comptes) | [8] MDPA ; [15] Cour des comptes |
| Décembre 2029 ou début 2030 | Fermeture prévue du site selon la Cour des comptes | remblayage des puits Joseph et Else à partir de janvier 2029 | [15] Cour des comptes |
Télécharger ce tableau au format CSV. Sources : MDPA, préfecture du Haut-Rhin, tribunal administratif de Strasbourg, Cour des comptes, association Groupe Rodolphe, AFP.
L'autre grand chantier de fin de vie industrielle du Haut-Rhin se trouve sur le Rhin : le démantèlement de la centrale de Fessenheim, prévu jusqu'en 2048. Les autres dossiers du site sont rassemblés sur la page des dossiers.
Questions fréquentes
Qu'est-ce que StocaMine ?
StocaMine est un stockage souterrain de déchets industriels dangereux non radioactifs creusé dans le sel gemme sous l'ancienne mine Joseph-Else, à Wittelsheim (Haut-Rhin), à plus de 500 mètres de profondeur. Autorisé en 1997, il a reçu environ 44 000 tonnes de déchets entre février 1999 et septembre 2002, date d'un incendie dans le bloc 15. La filiale a été absorbée par les MDPA en 2014.
Combien de déchets restent à StocaMine ?
L'arrêté préfectoral du 28 septembre 2023 recense 41 999,35 tonnes de déchets entreposés, dont 20 671,45 tonnes de résidus d'incinération et 6 874,62 tonnes de déchets arséniés. Environ 2 000 tonnes, parmi les plus dangereuses, dont 26 tonnes de mercure, avaient été retirées entre 2014 et 2017 et restockées en Allemagne.
Pourquoi les déchets de StocaMine ne sont-ils pas tous retirés ?
Dans son jugement du 17 juin 2025, le tribunal administratif de Strasbourg a estimé que le déstockage « n'était plus réalisable dans des conditions acceptables de sécurité ». Les MDPA jugent le bloc 15, où a eu lieu l'incendie de 2002, inaccessible. La Collectivité européenne d'Alsace et les associations requérantes contestent ce choix ; un appel, non suspensif, a été déposé en 2025.
Quand les travaux de confinement de StocaMine seront-ils terminés ?
Les MDPA prévoient la fin du confinement fin 2027. Au 2 juillet 2026, les barrages 1 à 8 étaient terminés et les barrages 9 et 10 en cours, sur 12. La Cour des comptes (décembre 2024) situe ensuite le remblayage des puits Joseph et Else à partir de janvier 2029 et la fermeture du site en décembre 2029, voire début 2030.
Qui a découvert la potasse en Alsace ?
La potasse a été découverte en 1904 au sud de Wittelsheim par Joseph Vogt, industriel et fabricant de tours de sondage, associé à Amélie et Albert Zürcher, propriétaires terriens, et à Jean-Baptiste Grisez, brasseur et sourcier. La sonde, qui cherchait du charbon ou du pétrole, a traversé des couches de sylvinite à 627 et 649 mètres de profondeur.
Quand la dernière mine de potasse d'Alsace a-t-elle fermé ?
La dernière mine, Amélie, s'est arrêtée le 10 septembre 2002 selon les MDPA et l'association Groupe Rodolphe, 18 mois plus tôt que prévu, après l'incendie de StocaMine. Le site Géoconfluences (2006) indique novembre 2002, et le site actuel des MDPA affiche 2004 comme année de fermeture de la dernière mine.
Sources
- MDPA, « L'histoire » (site d'archives des Mines de Potasse d'Alsace), mdpa-stocamine.org, consulté le 26 septembre 2026.
- MDPA, « Les mineurs », mdpa-stocamine.org, consulté le 26 septembre 2026.
- MDPA, « Les concessions, les puits et le patrimoine », mdpa-stocamine.org, consulté le 26 septembre 2026.
- MDPA, « Qu'est-ce que Stocamine ? », mdpa-stocamine.org, consulté le 26 septembre 2026.
- MDPA, « Le déstockage partiel (2014-2017) », mdpa-stocamine.org, consulté le 26 septembre 2026.
- MDPA, « Questions clés sur la fermeture », mdpa-stocamine.org, consulté le 26 septembre 2026.
- MDPA, page « MDPA » du site mdpa-stocamine.fr, mdpa-stocamine.fr, consulté le 26 septembre 2026.
- MDPA, « Le chantier », mdpa-stocamine.fr, consulté le 26 septembre 2026.
- MDPA, présentation à la Commission de suivi de site (2 juillet 2026), mdpa-stocamine.fr, consulté le 26 septembre 2026.
- Préfecture du Haut-Rhin, arrêté préfectoral du 28 septembre 2023 relatif au stockage souterrain de Wittelsheim, mdpa-stocamine.fr, consulté le 26 septembre 2026.
- Tribunal administratif de Strasbourg, jugement n° 2307182, 2308280 et 2402016 (17 juin 2025), mdpa-stocamine.fr, consulté le 26 septembre 2026.
- Tribunal administratif de Strasbourg, « Communiqué de presse du 17 juin 2025 : Stocamine, le confinement définitif des déchets est autorisé », strasbourg.tribunal-administratif.fr, consulté le 26 septembre 2026.
- Cour administrative d'appel de Nancy, « Stocamine » (15 octobre 2021), nancy.cour-administrative-appel.fr, consulté le 26 septembre 2026.
- France 3 Grand Est, « Stocamine : le Conseil d'État autorise les travaux de confinement des déchets » (février 2024), france3-regions.franceinfo.fr, consulté le 26 septembre 2026.
- Cour des comptes, « Les Mines de potasse d'Alsace et le devenir du site de Stocamine » (décembre 2024), ccomptes.fr, consulté le 26 septembre 2026.
- Groupe Rodolphe, « Carreau Rodolphe : la potasse », carreau-rodolphe.com, consulté le 26 septembre 2026.
- Groupe Rodolphe, « Les MDPA » (histoire de l'exploitation), carreau-rodolphe.com, consulté le 26 septembre 2026.
- Groupe Rodolphe, « Le carreau », carreau-rodolphe.com, consulté le 26 septembre 2026.
- Géoconfluences (ENS de Lyon), F. Besancenot, « Le Bassin potassique alsacien, un territoire entre passé et projet » (23 juin 2006), geoconfluences.ens-lyon.fr, consulté le 26 septembre 2026.
- AFP, repris par GoodPlanet mag', « En Alsace, du béton souterrain pour confiner des déchets toxiques » (5 octobre 2025), goodplanet.info, consulté le 26 septembre 2026.
- France 24 avec AFP, « Déchets toxiques : l'Alsace fera appel contre le confinement à Stocamine » (18 juin 2025), france24.com, consulté le 26 septembre 2026.
- Actu-Environnement, « Stocamine : la CEDH rejette la demande de suspension des travaux de confinement » (mai 2024), actu-environnement.com, consulté le 26 septembre 2026.
- ici (France Bleu), « Je suis toujours en colère : il y a 20 ans débute l'incendie sur le site de stockage de déchets de Stocamine » (septembre 2022), ici.fr, consulté le 26 septembre 2026.