Trafic fluvial du port autonome de Strasbourg
5,8 Mt
5 798 457 tonnes en 2025, soit −7 % sur un an, source [1]
En bref
- Le port rhénan de Strasbourg a été constitué en port autonome par la loi du 26 avril 1924 et créé en 1926 ; il a célébré son centenaire du 23 au 26 septembre 2026 [6] [25].
- En 2025 : 5 798 457 tonnes par le fleuve (−7 %), 1 036 985 tonnes par le rail et 323 499 EVP de conteneurs (+1 %) [1].
- Le 14 août 2026, le Rhin est descendu à 6 cm à Kaub, un minimum historique [17] ; le port veut « doubler » ses capacités ferroviaires [18].
- L'usine Dumarey (ex-Punch Powerglide), premier employeur de la zone en 2018 avec 930 salariés, ferme en 2026 [4] [12].
- Investissements réalisés : 19 M€ en 2025, un niveau « inégalé depuis plus de 10 ans » selon le port [1].
Un port né d'une convention entre l'État et la Ville
Strasbourg commerçait par l'eau bien avant d'avoir un port autonome. La ville est reliée au réseau fluvial français par le canal du Rhône au Rhin en 1832, puis par le canal de la Marne au Rhin en 1853 [5]. Le bassin de l'Hôpital est creusé dans les années 1880 et le bassin Austerlitz voit arriver son premier bateau à vapeur en 1892. Les bassins du Commerce et de l'Industrie suivent au début du XXe siècle [5].
L'acte de naissance juridique date de l'entre-deux-guerres. Le 20 mai 1923, le ministre des Travaux publics et la Ville de Strasbourg signent une convention, complétée par un avenant du 21 novembre 1923. La loi du 26 avril 1924 l'homologue et constitue « le port rhénan de Strasbourg en port autonome » [6]. L'établissement public est créé en 1926 [5]. Il conserve aujourd'hui ce statut d'établissement public à caractère administratif de l'État [3].
Les premières années sont celles des grands chantiers : le Port aux Pétroles ouvre en 1927, et l'écluse Sud ainsi que les bassins des Remparts, Vauban et René Graff sont réalisés entre 1927 et 1931. La partie sud du port se développe à partir de 1950 [5]. Pour replacer ces dates dans la trajectoire régionale, notre histoire de l'industrie alsacienne depuis 1746 retrace les grandes étapes.
- 1924 : loi du 26 avril constituant le port autonome [6].
- 1926 : création effective du port autonome de Strasbourg [5].
- 1927 : ouverture du Port aux Pétroles [5].
- 1969 ou début des années 1970 : premier terminal à conteneurs de Strasbourg, le terminal Sud ; les sources divergent sur la date [10] [4].
- 2008 : portique mobile trimodal rail, route et fleuve au terminal Sud [4].
- 2012 : naissance du partenariat Upper Rhine Ports entre neuf ports du Rhin supérieur [19].
- Septembre 2024 : adoption du projet stratégique 2024-2028 [4].
- 2025 : la filiale Rhine Europe Terminals reprend le terminal à conteneurs de Lauterbourg [1].
- 23-26 septembre 2026 : célébrations du centenaire [1] [25].
Le port en chiffres : 1 050 hectares à Strasbourg, 100 km de rive
À Strasbourg même, le port occupe 1 050 hectares, dont 200 hectares de bassins, sur une bande de 10 km de long et 1 km de large [3]. L'établissement public gère au total quatre sites répartis sur 100 km le long du Rhin, de Marckolsheim au sud à Lauterbourg au nord, en passant par Beinheim [4] [7]. La fiche du réseau Upper Rhine Ports donne 1 360 hectares pour l'ensemble de l'espace portuaire [7].
Le port est aussi un gestionnaire d'infrastructure ferroviaire, responsable de 100 km de voies [4]. Il revendique le rang de deuxième port fluvial de France, derrière les ports de Paris regroupés dans HAROPA, et de premier port intérieur [4].
En 2021-2022, les matériaux de construction représentaient 34 % du trafic, les produits agricoles et sylvicoles 23 %, les produits énergétiques 18 % et les conteneurs et produits manufacturés 16 % [4]. Le fleuve portait alors 84 % des tonnages : 6,37 millions de tonnes en 2022 sur un trafic global de 7,58 millions, contre 1,21 million pour le fer [4].
Une contrainte physique pèse sur le trafic conteneurs : le pont routier de l'Europe, à Strasbourg, n'offre que 6,75 m de tirant d'air, soit trois couches de conteneurs sur une barge [4].
Entreprises et emplois : quatre périmètres
Aucun chiffre unique ne décrit l'emploi portuaire. Le port affiche 500 entreprises implantées et 10 000 emplois générés sur sa page de chiffres 2025 [3]. La fiche Upper Rhine Ports, non datée, donne 350 entreprises et 10 000 salariés [7]. Le Journal des Entreprises retient environ 400 entreprises et 8 000 emplois directs pour la seule zone industrialo-portuaire de Strasbourg en décembre 2025 [11]. L'étude d'impact réalisée en 2018 et reprise dans le dossier d'enquête publique de 2024 comptait 485 établissements sur cette zone, 4 Md€ de chiffre d'affaires, et 26 710 emplois tous sites confondus : 9 387 directs, dont 8 134 sur la zone de Strasbourg, et 17 323 indirects [4]. Les emplois directs de la zone pesaient alors 7,6 % de l'emploi de la commune de Strasbourg et 1,5 % de celui de l'Alsace [4]. Les mêmes écarts de méthode se retrouvent dans les chiffres clés de l'industrie alsacienne, où chaque donnée est rattachée à son périmètre.
2025, une année de repli sur le fleuve
Le bilan publié le 5 mars 2026 chiffre le trafic fluvial à 5,8 Mt, précisément 5 798 457 tonnes, en baisse de 7 % [1]. Le port l'attribue à « une conjoncture économique incertaine », en particulier sur le marché des matériaux de construction. Le rail progresse légèrement à 1 036 985 tonnes, et les conteneurs remontent à 323 499 EVP (+1 %) après une année 2024 en recul de 6 % à 319 750 EVP [1] [2].
Le fleuve a perdu plus d'un million de tonnes en quatre ans : 6,99 millions de tonnes en 2021, 6,37 millions en 2022 [4], 6 255 023 tonnes en 2024, année que le port qualifiait de « maintien » [2] [7]. Le Rhin français dans son ensemble a suivi la même pente, avec 15,7 millions de tonnes en 2025 contre 16,8 millions en 2024, soit −6 % selon les données de VNF [9]. Des épisodes de basses eaux « particulièrement significatifs » ont marqué la période de mars à juillet 2025, alors que les céréales progressaient de 30 % à l'écluse de Gambsheim [9].
La croisière rhénane échappe au repli : +16 %, avec 273 964 passagers et 1 788 escales. Les bateaux-promenade de Batorama, filiale du port, ont embarqué 726 219 passagers [1]. La gare fluviale de la rue de la Minoterie, au bassin du Commerce, peut désormais brancher huit bateaux de croisière simultanément sur des bornes électriques à quai [1].
| Année | Indicateur | Valeur | Évolution sur un an | Source |
|---|---|---|---|---|
| 2021 | Trafic fluvial | 6,99 Mt | [4] PAS, annexe socio-économique (2024) | |
| 2022 | Trafic fluvial | 6,37 Mt | [4] PAS, annexe socio-économique (2024) | |
| 2022 | Trafic ferroviaire | 1,21 Mt | [4] PAS, annexe socio-économique (2024) | |
| 2022 | Trafic global (fleuve + fer) | 7,58 Mt | [4] PAS, annexe socio-économique (2024) | |
| 2023 | Trafic global (fleuve + fer) | 7,2 Mt | [10] Logistique Grand Est (2024) | |
| 2023 | Trafic ferroviaire | 971 000 t | [10] Logistique Grand Est (2024) | |
| 2023 | Conteneurs | 340 000 EVP | −14 % | [10] Logistique Grand Est (2024) |
| 2024 | Trafic fluvial | 6 255 023 t | [7] Upper Rhine Ports | |
| 2024 | Trafic global (fleuve + fer) | 7,2 Mt | [2] PAS, bilan 2024 | |
| 2024 | Conteneurs | 319 750 EVP | −6 % | [2] PAS, bilan 2024 |
| 2024 | Investissements réalisés | 10,5 M€ | [2] PAS, bilan 2024 | |
| 2025 | Trafic fluvial | 5 798 457 t | −7 % | [1] PAS, bilan 2025 |
| 2025 | Trafic ferroviaire | 1 036 985 t | [1] PAS, bilan 2025 | |
| 2025 | Conteneurs | 323 499 EVP | +1 % | [1] PAS, bilan 2025 |
| 2025 | Passagers de croisière rhénane | 273 964 | +16 % | [1] PAS, bilan 2025 |
| 2025 | Passagers Batorama | 726 219 | [1] PAS, bilan 2025 | |
| 2025 | Investissements réalisés | 19 M€ | [1] PAS, bilan 2025 |
Télécharger ce tableau au format CSV. Sources : bilans annuels du port autonome de Strasbourg (2025, 2026), annexe socio-économique de l'enquête publique du terminal à conteneurs sud (octobre 2024), Upper Rhine Ports, Logistique Grand Est. Mt : millions de tonnes ; EVP : équivalent vingt pieds.
Dumarey, l'ancien premier employeur, ferme
En 2018, l'usine automobile Punch Powerglide était de loin le premier employeur de la zone industrialo-portuaire, avec 930 salariés, devant Soprema (433) et Rhenus Logistics (400) [4]. Le site, passé de General Motors à Punch puis à Dumarey, a d'abord supprimé 230 postes en 2025. Le 8 janvier 2026, Rue89 Strasbourg rapporte l'annonce de la fermeture de l'établissement strasbourgeois dans l'année, qui menace les 320 emplois restants. « Nous avons perdu en une année 85 % de notre chiffre d'affaires », déclare alors Arnaud Bailo, cité par Rue89 Strasbourg [12].
Le plan social négocié au printemps prévoit trois vagues : 69 départs au 1er juin 2026, 205 au 1er août, puis les 45 derniers salariés. Un fonds social de garantie de 60 M€ l'accompagne [13]. Les deux articles de Rue89 ne concordent pas sur le calendrier : le premier situait les premiers départs au second semestre 2026, le second avance la première vague au 1er juin.
La disparition de Dumarey prolonge le recul du matériel de transport, qui a perdu 17,7 % de ses salariés dans le Bas-Rhin entre fin 2014 et fin 2024, comme le détaille notre analyse de l'effondrement du matériel de transport en dix ans. Elle laisse un tissu portuaire dominé par la logistique, les matériaux et l'agroalimentaire.
Le papier, le malt et le froid
Blue Paper, coentreprise du belge VPK Packaging et de l'allemand Klingele, perpétue une activité papetière présente sur le site depuis les années 1930. En 2023, elle employait 170 salariés pour 180 M€ de chiffre d'affaires et investissait 25 M€ dans une unité de valorisation énergétique [23]. La Société des Malteries d'Alsace, installée au port du Rhin, produisait en 2022 près de 100 000 tonnes de malt de type Pilsen par an avec une vingtaine de salariés ; 73 % de son orge arrivait par train [24]. Plus de la moitié de ce malt est consommée en Alsace [24], un lien direct avec les brasseries alsaciennes. Côté logistique, le groupe STEF a remporté en 2025 l'appel à projets pour un terrain d'environ 6 hectares rue de Calais, dans le prolongement de son site actuel [1].
La zone portuaire mène une démarche collective de décarbonation. Le programme CLES 2050 dispose d'un budget de 1,076 M€, financé pour moitié par l'Ademe, et vise une baisse de 81 % des émissions industrielles de la zone d'ici 2050. En décembre 2025, 32 entreprises y participaient, et environ 30 000 tonnes de CO₂ avaient été évitées depuis 2018 [11].
Le Rhin à 6 cm à Kaub : l'été 2026
Fin juillet 2026, le port de Strasbourg charge ses barges rhénanes à 50 ou 60 % de leur capacité. « Cela a un coût pour le client qui doit payer deux bateaux au lieu d'en payer un », explique B. Neu, de VNF, à ICI Alsace [16]. L'écluse de Gambsheim s'attend alors à voir passer 14 millions de tonnes dans l'année au lieu de 17. L'épisode est le troisième en quelques années : en 2018, les bateaux n'étaient chargés qu'à un tiers, et 2022 avait déjà connu une situation comparable [16].
Le vendredi 14 août 2026, le niveau relevé à Kaub descend à 6 cm, un minimum historique. Les difficultés atteignent les stations-service : 14 % des stations-service du Grand Est sont alors considérées comme « en difficulté » [17].
La sécheresse de 2026 intervient après une année 2024 marquée par l'excès inverse : 98 jours de restrictions de navigation, dont 9,5 jours d'arrêt total, avaient alors pénalisé les bateaux de Batorama [2].
Le pari du rail
Logistique Grand Est le qualifiait en 2024 de « première gare de fret d'Alsace », avec 971 000 tonnes transportées par le train en 2023 [10]. Son réseau voyait passer environ 6 000 trains par an, dont 1 200 de transport combiné [4], et le terminal Nord a traité 547 trains en 2024 [2]. Pendant les basses eaux de juillet 2026, 17 navettes ferroviaires par semaine desservaient ce terminal [16].
Le 25 août 2026, onze jours après l'étiage record, la direction annonce vouloir « doubler » ses capacités ferroviaires. Elvis Darnault, directeur des infrastructures, décrit l'écart d'échelle : « Un train peut transporter environ 80 à 90 conteneurs contre 250 à 500 pour une barge » [18]. Au terminal Nord, le port prévoit de passer de trains de 600 mètres à des trains de 750 mètres d'ici deux ans, avec quatre nouvelles voies de 750 mètres et trois portiques ferroviaires [18].
L'objectif était fixé dès le projet stratégique de 2024 : doubler le tonnage ferroviaire à l'horizon 2035 [10]. L'outil principal en est le hub multimodal Sud, chiffré à environ 70 M€ avec ses accès, dont une première tranche de 18 M€ inscrite au contrat de plan État-Région 2023-2027 [2]. Un projet Interreg réunissant huit ports du Rhin supérieur doit par ailleurs identifier 250 mesures d'adaptation aux variations du fleuve [18].
200 M€ sur dix ans
Le programme d'investissement du port atteint 200 M€ sur la décennie 2024-2034 : 131 M€ pour le développement, 55 M€ pour le maintien des installations et 11 M€ pour la modernisation, avec des enveloppes annuelles comprises entre 9 et 27 M€ [2]. Le port a investi 10,5 M€ en 2024, puis 19 M€ en 2025, dont 4,489 M€ pour la gare fluviale, 5,385 M€ pour la plateforme de Lauterbourg et 3,2 M€ pour les voies ferrées de Strasbourg et de Marckolsheim [1] [2].
Lauterbourg et le lithium perdu
À l'extrémité nord du domaine portuaire, Lauterbourg devait accueillir une raffinerie de lithium. En août 2024, Viridian Lithium y confirmait son implantation sur un terrain d'environ 14 hectares, avec 6 hectares supplémentaires réservés, pour produire 28 500 tonnes d'hydroxyde de lithium par an dès 2027 [15]. Le port a engagé 10 M€ de nivellement de la plateforme en 2024 et prévoit environ 25 M€ sur la décennie pour la plateforme et le terminal [2].
Le 9 mars 2026, Viridian Lithium est placée en liquidation judiciaire. Il ne reste qu'« un terrain de 14 hectares, nu » [14]. Le port avait continué d'y investir en 2025 : 5,385 M€, et Rhine Europe Terminals, filiale à 100 % du port, y exploite désormais le terminal à conteneurs en plus des terminaux Nord et Sud de Strasbourg [1]. Avec les 10 M€ de 2024, ces travaux représentent déjà plus de la moitié de l'enveloppe d'environ 25 M€ annoncée pour la décennie.
Les autres ports rhénans d'Alsace, et Kehl en face
Plus au sud, dans le Haut-Rhin, deux autres pôles portuaires jalonnent le fleuve, qui y sert aussi à produire de l'électricité (voir notre dossier Fessenheim, le Grand Canal d'Alsace et l'hydroélectricité).
Le port rhénan de Colmar/Neuf-Brisach est exploité depuis le 1er avril 2021 par une société d'économie mixte à opération unique détenue à 51 % par CFNR Transport (groupe Rhenus), à 34 % par le syndicat mixte et à 15 % par la Banque des Territoires [22]. Il s'étend sur 80 hectares et dispose depuis fin juin 2023 d'une grue de 500 tonnes à 18 mètres [22]. En 2021, son trafic oscillait entre 1,2 et 1,4 million de tonnes, dont environ 700 000 tonnes par le fleuve, et 27 M€ d'investissements y étaient annoncés [21].
Les ports de Mulhouse-Rhin, réunis sous la marque Euro Rhein Ports, comptent trois sites : Ottmarsheim (40 ha), l'Île-Napoléon (14 ha) et Huningue-Village-Neuf (30 ha), soit 85 hectares et 3 000 salariés dans la zone d'activité. Ils ont traité 3,9 millions de tonnes et 21 112 EVP de conteneurs fluviaux en 2024 [8]. Leur exploitant, la société Euro Rhein Ports, compte à 39 % le consortium Alsaceteam (Swissterminal et les ports de Marseille et du Havre) ; 26,5 M€ d'investissements et une concession jusqu'en 2050 étaient annoncés en 2021 [21]. En 2025, les ports du Sud-Alsace ont totalisé 3,8 millions de tonnes fluviales (−3 %), 465 000 tonnes par le fer (−15 %) et 54 887 EVP (−4 %) selon VNF ; ce décompte ne recouvre pas le même périmètre que la fiche Upper Rhine Ports [9].
Sur l'autre rive, le port de Kehl a battu son record en 2025 avec 7,1 millions de tonnes (+5 %), dont environ 4,4 millions par la voie d'eau et 2,7 millions par le rail. L'acier en représente les trois quarts côté fluvial, avec 3,4 millions de tonnes [20]. Strasbourg et Kehl font partie depuis 2012 des neuf ports réunis dans Upper Rhine Ports, avec Ludwigshafen, Mannheim, Karlsruhe, Colmar/Neuf-Brisach et les ports de Bâle, Mulhouse et Weil [19]. Ils partagent un système commun de gestion des escales de conteneurs, et le port de Strasbourg indique que ses coopérations avec Kehl se sont « consolidées » en 2025 [1].
Ce que cela change pour les chargeurs et les salariés
Pour une entreprise qui expédie par le Rhin, l'été 2026 a fixé un ordre de grandeur : une barge chargée à 50 ou 60 % oblige, selon VNF, à « payer deux bateaux au lieu d'en payer un » [16]. Les capacités ferroviaires promises au terminal Nord et au hub Sud visent à offrir une solution de repli ; les trains de 750 mètres sont annoncés au terminal Nord d'ici deux ans [18], et la desserte ferroviaire du hub Sud était attendue en 2026 ou 2027 selon le bilan 2024 [2].
Pour les salariés de la zone, 2026 est l'année de la fin de Dumarey et de ses 320 derniers postes [12]. Le port, qui a célébré ses 100 ans du 23 au 26 septembre, reste un bassin de 8 000 à 10 000 emplois selon les périmètres retenus [3] [11]. Les grands sites industriels de la région sont recensés sur notre page des filières industrielles alsaciennes.
Questions fréquentes
Quand le port autonome de Strasbourg a-t-il été créé ?
Le port rhénan de Strasbourg a été constitué en port autonome par la loi du 26 avril 1924, qui homologue une convention passée le 20 mai 1923 entre l'État et la Ville de Strasbourg. L'établissement public a été créé effectivement en 1926. Son centenaire a été célébré du 23 au 26 septembre 2026, avec un week-end portes ouvertes et un colloque consacré au port du futur.
Combien de marchandises passent par le port de Strasbourg ?
En 2025, le port autonome de Strasbourg a traité 5 798 457 tonnes par voie fluviale, en baisse de 7 %, et 1 036 985 tonnes par le rail. Ses terminaux ont manutentionné 323 499 EVP de conteneurs (+1 %). En 2024, le transport massifié, fer et fleuve réunis, atteignait 7,2 millions de tonnes selon le bilan annuel du port.
Combien d'entreprises et d'emplois compte le port du Rhin ?
Tout dépend du périmètre. Le port affiche 500 entreprises implantées et 10 000 emplois générés sur sa page de chiffres 2025. Le Journal des Entreprises compte environ 400 entreprises et 8 000 emplois directs pour la seule zone industrialo-portuaire de Strasbourg (décembre 2025). Une étude de 2018 recensait 485 établissements sur cette zone et 26 710 emplois en ajoutant les emplois indirects de tous les sites.
Le port de Strasbourg est-il le deuxième port fluvial de France ?
C'est ce que revendique l'établissement public, qui se présente comme le deuxième port fluvial français depuis l'intégration des ports de Paris dans HAROPA, et comme le premier port intérieur. Son trafic fluvial s'élevait à 5 798 457 tonnes en 2025. Le port rhénan voisin de Kehl, côté allemand, a manutentionné 7,1 millions de tonnes la même année, rail compris.
Que se passe-t-il au port de Strasbourg quand le Rhin est bas ?
Les barges partent allégées. Fin juillet 2026, elles ne pouvaient être chargées qu'à 50 à 60 % de leur capacité, ce qui oblige le client à payer deux bateaux au lieu d'un. Le 14 août 2026, le niveau à Kaub est tombé à 6 cm, un minimum historique. Le port a reporté du fret sur le rail, avec 17 navettes ferroviaires par semaine au terminal Nord.
Quels sont les autres ports du Rhin en Alsace ?
Le port autonome de Strasbourg gère aussi Lauterbourg, Beinheim et Marckolsheim, sur 100 km de rive. Plus au sud, le port rhénan de Colmar/Neuf-Brisach est exploité depuis le 1er avril 2021 par une société d'économie mixte à opération unique dont Rhenus détient la majorité via CFNR Transport. Les ports de Mulhouse-Rhin regroupent Ottmarsheim, l'Île-Napoléon et Huningue-Village-Neuf.
Sources
- Port autonome de Strasbourg, « Bilan 2025 et perspectives 2026 » (5 mars 2026), strasbourg.port.fr, consulté le 26 septembre 2026.
- Port autonome de Strasbourg, « Bilan 2024 et perspectives 2025 » (5 février 2025), strasbourg.port.fr, consulté le 26 septembre 2026.
- Port autonome de Strasbourg, « Chiffres annuels » (compteurs 2025), strasbourg.port.fr, consulté le 26 septembre 2026.
- Port autonome de Strasbourg, « Extension du terminal à conteneurs sud, éléments de contexte socioéconomique », annexe d'enquête publique (octobre 2024), strasbourg.port.fr, consulté le 26 septembre 2026.
- Port autonome de Strasbourg, « History » (page historique, version anglaise), strasbourg.port.fr, consulté le 26 septembre 2026.
- Légifrance, « Loi du 26 avril 1924 ayant pour objet la constitution du port rhénan de Strasbourg en port autonome », legifrance.gouv.fr, consulté le 26 septembre 2026.
- Upper Rhine Ports, fiche « Port de Strasbourg », upper-rhine-ports.eu, consulté le 26 septembre 2026.
- Upper Rhine Ports, fiche « Euro Rhein Ports Mulhouse », upper-rhine-ports.eu, consulté le 26 septembre 2026.
- Logistique Grand Est, « Fret fluvial : une année 2025 contrastée en Grand Est » (25 mai 2026, données VNF), logistique-grandest.fr, consulté le 26 septembre 2026.
- Logistique Grand Est, « Le port de Strasbourg se dote d'un nouveau projet stratégique » (23 septembre 2024), logistique-grandest.fr, consulté le 26 septembre 2026.
- Le Journal des Entreprises, « Au port de Strasbourg, CLES 2050 structure la décarbonation d'une zone de 400 entreprises » (22 décembre 2025), lejournaldesentreprises.com, consulté le 26 septembre 2026.
- Rue89 Strasbourg, annonce de la fermeture de l'usine Dumarey de Strasbourg en 2026 (8 janvier 2026), rue89strasbourg.com, consulté le 26 septembre 2026.
- Rue89 Strasbourg, les coulisses du plan social de Dumarey (27 avril 2026), rue89strasbourg.com, consulté le 26 septembre 2026.
- France 3 Grand Est, « Une raffinerie de lithium géante ne verra finalement pas le jour » (12 mars 2026), france3-regions.franceinfo.fr, consulté le 26 septembre 2026.
- Port autonome de Strasbourg, « Viridian Lithium confirme son implantation au port de Lauterbourg » (28 août 2024), strasbourg.port.fr, consulté le 26 septembre 2026.
- ICI Alsace, « Sécheresse : le niveau du Rhin est trop bas, les bateaux sont chargés seulement à moitié au port autonome de Strasbourg » (30 juillet 2026), ici.fr, consulté le 26 septembre 2026.
- Mer et Marine, « Les basses eaux exceptionnelles du Rhin atteignent désormais les chaînes logistiques de l'Est de la France » (24 août 2026), meretmarine.com, consulté le 26 septembre 2026.
- France 3 Grand Est, « Après la sécheresse historique du Rhin, le port de Strasbourg va miser sur le ferroviaire » (25 août 2026), france3-regions.franceinfo.fr, consulté le 26 septembre 2026.
- Port autonome de Strasbourg, « Upper Rhine Ports » (page stratégie), strasbourg.port.fr, consulté le 26 septembre 2026.
- Wirtschaft im Südwesten, « Rekordumschlag von 7,1 Millionen Tonnen in 2025 » (port de Kehl), wirtschaft-im-suedwesten.de, consulté le 26 septembre 2026.
- Traces Écrites News, « Sous une nouvelle gouvernance, les ports de Colmar et Mulhouse investissent une cinquantaine de millions d'euros » (27 mai 2021), tracesecritesnews.fr, consulté le 26 septembre 2026.
- Port rhénan Colmar/Neuf-Brisach, présentation du port, port-rhenan.fr, consulté le 26 septembre 2026.
- Traces Écrites News, « Le papetier Blue Paper devient champion de la décarbonation à Strasbourg » (11 septembre 2023), tracesecritesnews.fr, consulté le 26 septembre 2026.
- Pokaa, « On s'est infiltré dans la Société des Malteries d'Alsace au port du Rhin » (14 septembre 2022), pokaa.fr, consulté le 26 septembre 2026.
- Port autonome de Strasbourg, « Le port de Strasbourg célèbre 100 ans d'histoire » (22 juin 2026), strasbourg.port.fr, consulté le 26 septembre 2026.