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Industrie en Alsace · mise à jour du 26 septembre 2026

Entreprises

Née en 1962 pour des boîtes de vitesses, l'usine Stellantis de Mulhouse mise sur trois Peugeot en 2029

Le 2 juin 2026, Stellantis a officialisé 400 millions d'euros pour fabriquer à Mulhouse, à partir de 2029, trois Peugeot électriques et hybrides [3]. L'annonce suit une chute de cadence : 460 voitures par jour depuis le 19 janvier 2026, contre 640 auparavant et 900 au début de 2024 [8] [9]. L'effectif du site varie de 4 000 à 4 700 salariés selon les sources.

Publié le · Mis à jour le

Salariés du site en juin 2026

4 500

dont 4 000 en CDI et 500 intérimaires, selon L'Argus [3]

En bref

  • Première pierre en 1961, production en 1962 : l'usine Peugeot de Mulhouse fabrique d'abord des boîtes de vitesses pour Sochaux, avec 580 salariés [1].
  • En 2025, le site a produit 125 000 voitures selon le directeur général de Stellantis, 127 000 selon M+ : des Peugeot 308, 408 et des DS 7 [3] [4].
  • Depuis le 19 janvier 2026, la cadence est de 460 véhicules par jour, contre 640 auparavant [8].
  • Le 2 juin 2026, Stellantis a réservé 400 M€ à Mulhouse pour trois Peugeot électriques et hybrides attendues en 2029 [3].
  • La zone d'emploi de Mulhouse a perdu 4 182 salariés industriels en dix ans, dont 2 962 dans l'automobile [13].

De la forêt de la Hardt à la 104

Dans les années 1950, l'usine Peugeot de Sochaux est saturée. Le constructeur cherche un nouveau site et met en concurrence quatre villes : Autun, Chalon-sur-Saône, Montceau-les-Mines et Mulhouse [1]. Mulhouse l'emporte grâce à sa proximité avec Sochaux, à l'autoroute A35, au canal de Huningue et à l'aéroport de Bâle-Mulhouse. Elle offre surtout de vastes terrains dans la forêt de la Hardt et une main-d'œuvre qualifiée, disponible après la crise du textile qui frappe alors la ville [1].

La première pierre est posée en 1961. L'année suivante, 580 salariés commencent à produire des boîtes de vitesses pour les Peugeot 403 et 404, assemblées à Sochaux [1]. Le site ne devient usine terminale qu'en 1971, avec une 304 montée à partir de pièces venues de Sochaux. En septembre 1972 sort la première voiture entièrement fabriquée en Alsace : une Peugeot 104 [1]. La même page de L'Argus date la première pierre de 1971 dans une légende photo et de 1961 dans son texte ; le Journal des Entreprises retient une création en 1962 [2] ; les deux sources concordent sur un démarrage en 1962.

  1. 1961 : pose de la première pierre, sur des terrains de la forêt de la Hardt.
  2. 1962 : début de la production de boîtes de vitesses, 580 salariés.
  3. 1971 : l'usine devient terminale et assemble la 304.
  4. 1972 : la 104, première voiture intégralement fabriquée à Mulhouse.
  5. Années 1980 : la 205 amorce l'automatisation de la ligne.
  6. 1991 : la plus grosse presse à emboutir d'Europe, la 106 et le premier véhicule électrique de série de Peugeot.
  7. 2004 : production multimarque, avec la Citroën C4.
  8. 2014 : plan de transformation, jusqu'à six silhouettes sur une même ligne.
  9. 2017 : spécialisation sur le moyen et haut de gamme (508, DS 7 Crossback, puis 308).
  10. 2022 : soixante ans du site.

Ces étapes sont celles que L'Argus a reprises pour les soixante ans du site [1]. L'Office de tourisme de Mulhouse cite aussi la DS4 parmi les modèles passés sur les chaînes [14]. Ce passé ouvrier se retrouve dans notre page sur l'histoire industrielle de l'Alsace depuis 1746.

Un site intégré : forge, fonderie et montage

En 2022, le site s'étendait sur 320 hectares, dont près de 100 bâtis [1]. Traces Écrites News parle de 300 hectares en janvier 2024 [11]. En 2022, L'Argus le présentait comme le seul site du groupe à réunir quatre activités : une usine terminale, une usine d'organes mécaniques, une fonderie d'aluminium sous pression et l'une des plus grandes forges d'Europe [1].

Cette intégration pèse dans les décisions du groupe. La forge, la fonderie et la mécanique de Mulhouse travaillent pour l'ensemble des sites de Stellantis [6]. Quand la production de voitures ralentit, ces ateliers servent aussi de point de chute interne : fin 2025, les managers en CDI de l'usine terminale se sont vu proposer de rejoindre la mécanique, la forge, la fonderie ou l'outillage [7].

Côté montage, l'usine assemble en 2025 des Peugeot 308, 308 SW et 408 ainsi que des DS 7 [4]. Le nouveau DS N°7 doit partir à Melfi, en Italie [3]. Les volumes ont fondu : environ 200 000 voitures par an avant le Covid, d'après le quotidien L'Alsace cité par L'Argus, puis près de 125 000 en 2025 selon Antonio Filosa, directeur général de Stellantis [3]. M+ avance 127 000 véhicules pour la même année [4]. Les ordres de grandeur de 130 000 ou 135 000 voitures par an, cités en 2026 sans millésime, sont supérieurs aux chiffres de 2025 ; celui de L'Argus ne compte que les 308 et 408 [2] [12].

Combien de salariés : les chiffres publiés

Le nombre de salariés de Stellantis Mulhouse circule sous trois valeurs, parfois la même semaine. En 2022, le site revendiquait environ 5 000 collaborateurs, et L'Argus le qualifiait de premier employeur privé d'Alsace [1]. Depuis, les chiffres se répartissent ainsi :

  • 4 700 : chiffre d'un porte-parole de Stellantis rapporté par franceinfo le 30 septembre 2025 [6], repris par le Journal des Entreprises le 26 mai 2026 (« près de 4 700 collaborateurs ») [2] ;
  • 4 500 : L'Argus le 2 juin 2026, avec le détail de 4 000 CDI et 500 intérimaires [3], chiffre repris par M+ et VIPress le même jour [4] [5] puis par L'Argus en juillet [12] ;
  • 4 000 : France Bleu le 30 septembre 2025, le jour même du chiffre de franceinfo (« environ 2 000 salariés sur 4 000 ») [7] et le Journal du Geek le 31 mai 2026 [10].

La différence tient probablement au périmètre, rarement précisé : 4 000 coïncide avec le nombre de CDI donné en juin 2026, 4 500 y ajoute les intérimaires. Le chiffre de 4 700 apparaît dès septembre 2025, avant la réduction de cadence de janvier 2026 qui a privé de mission plus de 400 intérimaires [7], et reste repris en mai 2026. Nous retenons donc environ 4 500 salariés en juin 2026, dont 4 000 en CDI.

Stellantis Mulhouse : repères chiffrés de 1961 à 2029
AnnéeÉvénementValeurSource
1961Pose de la première pierren. d.[1] L'Argus
1962Début de la production (boîtes de vitesses des 403 et 404)580 salariés[1] L'Argus
1971Première voiture assemblée à partir de pièces de Sochaux (304)n. d.[1] L'Argus
1972Première voiture intégralement fabriquée sur place (104), en septembren. d.[1] L'Argus
1991Plus grosse presse à emboutir d'Europe ; lancement de la 106n. d.[1] L'Argus
2004Ouverture à la production multimarque (Citroën C4)n. d.[1] L'Argus
2014Plan de transformation de la ligne de montage6 silhouettes sur une ligne[1] L'Argus
2022Emprise du site320 ha[1] L'Argus
2022Effectif du siteenviron 5 000 salariés[1] L'Argus
2024Cession d'une parcelle au promoteur VGP21 ha[11] Traces Écrites News
2024Cadence journalière780 véhicules par jour (contre 900)[9] CFDT Métaux Alsace
2025Arrêt du site du 27 octobre au 2 novembre2 000 salariés concernés sur 4 700[6] franceinfo
2025Production annuelle125 000 à 127 000 véhicules[3] L'Argus ; [4] M+
2026Cadence à partir du 19 janvier460 véhicules par jour (contre 640)[8] Reuters
2026Effectif en juin4 500 salariés, dont 4 000 CDI[3] L'Argus
2026Investissement pour Mulhouse annoncé le 2 juin400 M€[3] L'Argus
2029Démarrage des nouvelles Peugeot sur plateforme STLA One3 modèles[3] L'Argus

Télécharger ce tableau au format CSV. Sources : L'Argus, franceinfo, M+, Reuters, CFDT Métaux Alsace, Traces Écrites News ; n. d. = non disponible.

La chute de cadence de 2024 à 2026

Le ralentissement commence avant la crise de 2025. En octobre 2024, la CFDT Métaux Alsace relève que la production quotidienne est passée de 900 à 780 voitures dans l'année [9]. Le 30 septembre 2025, Stellantis annonce l'arrêt complet du site du 27 octobre au 2 novembre : 2 000 des 4 700 salariés sont concernés, y compris dans la forge, la fonderie et la mécanique [6].

Le 18 décembre 2025, un nouveau palier est franchi. À partir du 19 janvier 2026, l'usine qui fabrique les 308, 408 et DS 7 passe de 640 à 460 véhicules par jour, selon Reuters [8]. La CFE-CGC chiffre alors à plus de 400 le nombre d'intérimaires qui vont perdre leur contrat [7]. Au printemps 2026, Mulhouse était le seul site automobile français à ne s'être vu attribuer aucun nouveau modèle [3].

Le pari des trois Peugeot de 2029

L'annonce vient d'abord de l'Élysée. Le 26 mai 2026, devant des dirigeants d'entreprises réunis pour accélérer l'électrification, Emmanuel Macron évoque plus d'un milliard d'euros d'investissement à Mulhouse pour une nouvelle génération de véhicules électriques à l'horizon 2029 [2]. Stellantis reste prudent ce jour-là : « Nous travaillons avec nos parties prenantes, en premier lieu les partenaires sociaux, sur l'avenir de nos usines, y compris celle de Mulhouse » [2]. Le Journal du Geek décrit un groupe « pris au dépourvu » [10]. Faute de confirmation, l'ensemble des syndicats quitte une réunion du CSE, selon un encart de France Bleu du 28 mai 2026 [7].

Le 2 juin 2026, Antonio Filosa vient sur le site avec Roland Lescure, ministre de l'Économie, et Sébastien Martin, ministre délégué chargé de l'Industrie [4]. L'enveloppe, d'un milliard d'euros selon L'Argus et de plus d'un milliard selon VIPress, se répartit ainsi : 400 millions pour Mulhouse, 500 millions pour la recherche et développement, 100 millions pour d'autres sites [3]. M+ présente la part mulhousienne comme « plus de 40 % » du total [4].

À partir de 2029, Mulhouse produira trois modèles Peugeot du segment C, dont un SUV, en motorisation électrique et hybride, sur la nouvelle plateforme STLA One [3]. L'investissement s'inscrit dans le plan FaSTLAne 2030, présenté le 21 mai 2026 ; le segment C représente environ 30 % des ventes automobiles en Europe, et la plateforme doit réduire les coûts de 20 % [5]. Selon L'Argus, Manuel Gentile, directeur de Sochaux-Belchamp, devait prendre la tête du site le 1er septembre 2026 [12].

Le site se resserre aussi sur son foncier. En janvier 2024, Stellantis a cédé 21 hectares au promoteur belge VGP, qui prévoit environ 100 000 m² de bâtiments industriels, et 12 hectares au nord pour un projet de 50 millions d'euros annoncé avec 70 à 80 emplois [11]. Pour les industriels qui cherchent à s'implanter, les dispositifs publics sont recensés dans notre page aides et financements de l'industrie en 2026.

La place de l'usine dans le Sud-Alsace

L'usine structure l'emploi industriel du Haut-Rhin. Dans la zone d'emploi de Mulhouse, l'Urssaf compte 24 750 salariés industriels privés au 31 décembre 2025, soit 20,9 % de l'emploi privé [13]. En dix ans, la zone a perdu 4 182 postes industriels (−14,5 %). L'automobile en explique 71 % : ses effectifs salariés privés y sont passés de 7 623 à 4 661 [13]. Aucune autre zone alsacienne ne recule autant.

Les élus mesurent ce poids. Pour le maire de Mulhouse, Frédéric Marquet, l'annonce de juin sécurise aussi des centaines d'emplois dans d'autres secteurs liés à l'activité du site [4]. Fabian Jordan, président de Mulhouse Alsace Agglomération, veut faire de Stellantis Mulhouse « un site totem de l'excellence industrielle de notre territoire » [2]. La filière souffre au-delà de l'usine : en octobre 2024, la CFDT Métaux Alsace recensait 248 postes touchés chez Dumarey à Strasbourg et 126 chez Novares à Ostwald [9].

La filière automobile alsacienne va de ce site de grande série aux hypersportives de Bugatti à Molsheim, dans le Bas-Rhin. L'usine mulhousienne accueille aussi des groupes : les visites d'entreprise sont organisées par l'Office de tourisme de Mulhouse, dont le site officiel précise les conditions [14]. D'autres lieux ouverts au public sont présentés dans notre sélection de visites du patrimoine industriel alsacien.

Pour aller plus loin

Les métiers les plus recherchés par l'industrie haut-rhinoise figurent dans notre analyse des métiers industriels en tension en Alsace. Pour un projet de modernisation industrielle, vous pouvez nous écrire.

Questions fréquentes

Combien de salariés travaillent chez Stellantis à Mulhouse ?

Environ 4 500 en juin 2026, dont 4 000 en CDI et 500 intérimaires, selon L'Argus. Les chiffres publiés varient selon les dates et les périmètres : 4 700 selon un porte-parole de Stellantis en septembre 2025, environ 4 000 selon d'autres médias. Le site comptait environ 5 000 collaborateurs en 2022 et 580 salariés à son ouverture en 1962.

Quelles voitures sont fabriquées à l'usine Stellantis de Mulhouse ?

En 2025, l'usine a assemblé des Peugeot 308, 308 SW et 408 ainsi que des DS 7. Le nouveau DS N°7 doit être produit à Melfi, en Italie. À partir de 2029, le site fabriquera trois modèles Peugeot du segment C, électriques et hybrides, sur la plateforme STLA One, dont un SUV.

Combien de voitures l'usine de Mulhouse produit-elle par an ?

Près de 125 000 voitures en 2025 selon Antonio Filosa, directeur général de Stellantis, et 127 000 selon le média M+. Avant le Covid, le site en assemblait environ 200 000 par an. Depuis le 19 janvier 2026, la cadence est passée de 640 à 460 véhicules par jour.

Quel investissement Stellantis a-t-il annoncé à Mulhouse en 2026 ?

Le 2 juin 2026, Stellantis a officialisé environ un milliard d'euros en France : 400 millions d'euros pour produire à Mulhouse trois Peugeot du segment C à partir de 2029, 500 millions pour la recherche et développement et 100 millions pour d'autres sites. Emmanuel Macron avait évoqué l'investissement le 26 mai 2026.

Depuis quand existe l'usine Peugeot de Mulhouse ?

La première pierre a été posée en 1961 et la production a démarré en 1962, avec des boîtes de vitesses destinées aux Peugeot 403 et 404 montées à Sochaux. La première voiture assemblée sur place, une 304, date de 1971 ; la première voiture intégralement fabriquée à Mulhouse, une 104, de septembre 1972.

Peut-on visiter l'usine Stellantis de Mulhouse ?

Des visites de groupe de l'usine sont proposées par l'Office de tourisme de Mulhouse et sa région. Les conditions d'accès, les périodes et les modalités de réservation évoluent : elles sont à vérifier directement sur le site officiel de l'Office de tourisme avant tout projet de visite.

Sources

  1. L'Argus, « Peugeot, Citroën et DS célèbrent les 60 ans de l'usine de Mulhouse » (2022), largus.fr, consulté le 26 septembre 2026.
  2. Le Journal des Entreprises, « Stellantis va injecter plus d'un milliard d'euros sur son site de Mulhouse » (26 mai 2026), lejournaldesentreprises.com, consulté le 26 septembre 2026.
  3. L'Argus, « Stellantis : l'usine de Mulhouse attendait un nouveau véhicule, elle en aura trois » (2 juin 2026), largus.fr, consulté le 26 septembre 2026.
  4. M+, « Stellantis : un milliard d'euros d'investissement en France dont plus de 40 % à Mulhouse » (2 juin 2026), mplusinfo.fr, consulté le 26 septembre 2026.
  5. VIPress, « Stellantis mise plus d'un milliard d'euros sur Mulhouse » (2 juin 2026), vipress.net, consulté le 26 septembre 2026.
  6. franceinfo, « Crise de l'automobile : après Poissy, l'usine Stellantis de Mulhouse va à son tour être mise temporairement à l'arrêt » (30 septembre 2025), franceinfo.fr, consulté le 26 septembre 2026.
  7. ICI (ex-France Bleu), « 400 intérimaires bientôt sans contrat à Stellantis Mulhouse : la baisse de production inquiète à nouveau les syndicats » (18 décembre 2025), francebleu.fr, consulté le 26 septembre 2026.
  8. Reuters via Boursorama, « Stellantis réduira la production sur son site de Mulhouse en janvier » (18 décembre 2025), boursorama.com, consulté le 26 septembre 2026.
  9. CFDT Métaux Alsace, point syndical sur la métallurgie alsacienne (18 octobre 2024), cfdt-metauxalsace.com, consulté le 26 septembre 2026.
  10. Journal du Geek, « Stellantis pris au dépourvu après l'annonce à un milliard d'euros d'Emmanuel Macron » (31 mai 2026), journaldugeek.com, consulté le 26 septembre 2026.
  11. Traces Écrites News, « Comme à Sochaux, Stellantis ouvre la voie à 100 000 m² de bâtiments industriels à Mulhouse » (30 janvier 2024), tracesecritesnews.fr, consulté le 26 septembre 2026.
  12. L'Argus, « Stellantis : un nouveau directeur pour les usines de Sochaux, Mulhouse et Hordain » (6 juillet 2026), largus.fr, consulté le 26 septembre 2026.
  13. Urssaf, « Nombre d'établissements employeurs et effectifs salariés du secteur privé par zone d'emploi » (jeu modifié le 29 mai 2026), open.urssaf.fr, consulté le 24 septembre 2026.
  14. Office de tourisme de Mulhouse et sa région, « Stellantis » (visites d'entreprise), tourisme-mulhouse.com, consulté le 26 septembre 2026.